01.02.2011

Benoît Poelvoorde

Encoe une fois, B. Poelvoorde à frapper...à côté!

Après sa déclaration, l'année dernière (2010) qu'il allait arrêter son "boulot" d'acteur (il était temps!), et après avoir appeler tout récemment tous nos amis Belges "à se laisser pousser la barbe" (comme si les Belges n'avaient pas de cervelles pour réfléchir!); voilà que le clown de Poelvoorde, urine sur la voie publique en direct d'une émission télévisée. Bravo BP, sache que c'est celui qui ne sait pas nager qui fait trop de vagues. Tot straks, meneer.

http://fr.tv.yahoo.com/blog/actu/article/2674/benot-poelv...

04.10.2007

 

La Belgique peine à avoir son gouvernement; ce qui a engendré moults réactions : L'extrême droite flamande réclame son indépendance et la disparition, pure et simple, de la Belgique. Parmi les Wallons, il y a aussi ce qui veulent un rattachement à la France.

Et vous, qu'en pensez-vous? 

Réagissez! 

01.09.2006

Liens

http://babourifares.dzblog.com/

http://dzlit.free.fr/listelivre.php?letr=B

http://www.remue.net/spip.php?article360

http://poesie.webnet.fr/vospoemes/308/liste.html

http://dzlit.free.fr/fmadani.html

http://www.geocities.com/athens/ithaca/7888/PagJaz.html

http://www.ziane-online.com/format_imprimable/bain_magiqu...

http://www.ecritsdesforges.com/2003/chantscomplaintesdupo...

http://nagelseraf.blogspot.com/2004_04_01_nagelseraf_arch...

http://www.poetry.com/Publications/display.asp?ID=P616503...

http://www.poetry.com/Publications/display.asp?ID=P616503...

http://www.franceweb.fr/poesie/forum211.htm

http://www.e-monsite.com/babourifares/rubrique-1047071.html

28.08.2006

L'Ensemble Vocal Henric van Veldeke

 

Le Vocaal en Instrumentaal Ensemble Henric van Veldeke est une troupe musicale flamande semi-professionnelle, et a été créé en 1976 par Juliaan Wilmots.

Au début, l’Ensemble avait une modeste vocation, celle de se produire de temps en temps en Flandre, à Saint-Trond (Sint-Truiden) dans le Limbourg belge. Mais très vite, il s’est vu donner d’autres opportunités musicales. En effet, la carrière du groupe s’est très vite enrichie en se produisant dans le monde entier : en Belgique bien-sûr, aux Pays-Bas, au Liechtenstein, en Italie, en Allemagne, en France, en Espagne, en Autriche, en Bulgarie, en République tchèque, en Afrique du Sud, au Congo, aux Philippines, au Chili, en Indonésie et au Singapour. L’Ensemble porte le nom du célèbre poète Limbourgeois Henric van Veldeke, et pour honorer la littérature flamande, il essaie avec amour et élégance de se maintenir au « volksliedgoed », au registre de la chanson populaire, qui est la mesure de toute « musiqualité ». L’Ensemble possède un répertoire assez large et varié de chansons du patrimoine flamand et universel.



Dans son dernier CD « koormuziek » (musique de chorale), l’Ensemble rend hommage au fondateur Juliaan Wilmots (1936-2000) et chante des textes désormais du patrimoine mondial dont Liefde van later la version néerlandaise de la fameuse chanson de Jacques Brel, La Chanson des vieux amants. Le texte est de L. Nijgh et la musique de J. Brel/G. Jouannest :



Als liefde zoveel jaar kan duren
Dan moet het echt wel liefde zijn
Ondanks de vele kille uren
De domme fouten en de pijn
Heel deze kamer om ons heen
Waar ons bed steeds heeft gestaan
Draagt sporen van een fel verleden
Die wilde hartstocht lijkt nu heen
Die zoete razernij vergaan
De wapens waar we toen mee streden

Ik hou van jou
Met heel mijn hart en ziel hou ik van jou
Langs zon en maan, tot aan het ochtendblauw
Hou ik nog steeds van jou

Jij kent nu al mijn slimme streken
En ik ken al jouw trucjes wel
Ik hoef niet meer of jou te smeken
Je kent mijn zwakke plaatsen wel
Soms liet ik jou te lang alleen
Misschien was wat je deed verkeerd
Maar ik had ook wel eens een ander
We waren jong en niet van steen
Zo hebben wij dan toch geleerd
Je kunt altijd opnieuw beginnen

Ik hou van jou
Met heel mijn hart en ziel hou ik van jou
Langs zon en maan tot aan het ochtendblauw
Ik hou nog steeds van jou

We hebben zoveel jaar gestreden
Tegen elkaar en met elkaar
Maar rustig leven en tevreden
Is voor de liefde een gevaar
Jij huilt allang niet meer zo snel
Ik laat me niet zo vlug meer gaan
We houden onze woorden binnen
Maar al beheersen wij het spel
Een ding blijft toch altijd bestaan:
De zoete oorlog van het beminnen

Ik hou van jou
Met heel mijn hart en ziel hou ik van jou
Langs zon en maan tot aan het ochtendblauw
Ik hou nog steeds van jou

Ik hou van jou
Met heel mijn hart en ziel hou ik van jou
Langs zon en maan tot aan het ochtendblauw
Ik hou voorgoed van jou.


24.08.2006

Introduction

 

DÉDICACE

 

 

 


 

 

 

Avec ferveur je te dédie, ô Flandre,

Ces vers

Où ton passé scintille encor

Comme un amas de braises d'or,

Parmi les cendres.

Ces vers

Sombres ou clairs,

Je les rimai jadis en des saisons jolies,

Où l'existence était pour tous une embellie,

Où l'on ne pouvait croire, où l'on ne croyait pas

Qu'un jour pour te broyer sous son poids, l'Allemagne

Ferait crouler sur toi l'innombrable montagne

Et les masses successives de ses soldats.

Hélas ! ô Flandre, à cette heure, tu n'as plus guère

Comme lumière

Que la lueur oblique et rouge de la guerre.

Mortes sont tes cités et morts sont tes beffrois.

Tu deviens -un pays de plus en plus étroit.

Pourtant, plus on t-opprime et plus ta destinée

Met à se maintenir une force acharnée.

Rien ne peut ni plier ni casser ton vouloir,

Si bien qu'en ces temps noirs

Dût-on ronger encor, douce terre flamande,

Ton sol étreint par le malheur,

Tu resterais quand même et toujours assez grande

Pour nous garder la place où te baiser le cœur !

 

Emile VERHAËREN

1er Octobre 1916

 

 

Dédié aussi à mon ami Jo qui, pendant quatre années, a été (est toujours) un excellent conseiller et guide. Il m’a fait découvrir la Flandre de son enfance; sans lui ce qui suivra n’aurait jamais pu se faire.

 

 

 

 

 

VLAANDEREN

Viens, ami, je te montre une terre

Libre comme l’horizon clair,

Azurée de briques et de beffrois

Aux clochers des cantines d’antan.

Nymphéa du Nord, la Flandre

Dissout les palimpsestes tristes

Et dicte des visages multicolores

Reliées d’une dentelle légère et géométrique

Et aux senteurs de tulipe acidulée

Nuancées de cannelle.


Introduction

 

 

 

 

J’ai découvert la Flandre par une étrange coïncidence et l’ai adoptée par amour : la coïncidence qui nous fait découvrir des lieux sans préjugés et sans trop d’appréhension ni de préparation. Car, très souvent, nous sommes déçus par les lieux que nous trouvons contraires à l’image donnée par les guides touristiques, différents de nos attentes ; voire même du récit des voyageurs et des amis. Quant à l’amour, c’est celui qui fait que nous nous attachons très vite à un paysage, une venelle, une senteur, une lumière…

Ce qui fait qu’un endroit nous plaît, c’est que nous nous sentons en communion avec lui ; que nous nous disons : c’est là que je voudrais vivre ou tout simplement, je me sens bien et j’aimerais y revenir un jour ou souvent. Car pour être heureux dans un lieu, il ne suffit pas d’y vivre mais de savoir y être ou y retourner. Cet état de bonheur agrémente le séjour, et ajoute beauté sur beauté, sans surcharge, aux lieux visités.

La Flandre1 est l’une des trois régions (en plus de la Wallonie et de Bruxelles) de l’état de Belgique ; et ce, suite à la réforme constitutionnelle de 1993, exécutée en 1995. Ainsi la Belgique comprend la Région flamande qui englobe 5 provinces : Anvers (Antwerpen), le Brabant flamand (Vlaams Brabant), la Flandre-Occidentale (West-Vlaanderen), la Flandre-Orientale (Oost-Vlaanderen), et le Limbourg (Limburg) ; la Région de Bruxelles-Capitale ; la Région wallonne (les provinces du Brabant wallon, du Hainaut, de Luxembourg, de Namur et de Liège). La région de Bruxelles-Capitale est un sujet de controverse entre les Flamands et les Wallons puisque les deux parties revendiquent la Capitale. Nous ne nous engagerons pas dans ce genre de polémique étant donné que ce n’est pas notre sujet.

La Flandre, hors Bruxelles, occupe 40 % du territoire belge avec 13 512 km2,

et les Flamands sont majoritaires avec 58 % de la population du pays.


La Flandre belge a été, tour à tour, colonisée, asservie par un chapelet d’envahisseurs : les Celtes (VIIe s. av. J.-C.), les Germains (Francs, Saxons, Frisons) (milieu du IIIe s.), les Francs (Ve s.), les Bourguignons (XVe s.), les Anglais au XIIe siècle, les Espagnols (XVIe et XVIIe s.), les Autrichiens (XVIIIe s.), les Français avec Louis XIV (XVIIe s.), les Hollandais (XIXe s.) et les Allemands (XXe s.).

La Flandre se réunifie pour créer le royaume de Belgique en 1831. Depuis 1988, elle devient une des trois fédérations autonomes (en plus de la Wallonie et Bruxelles).

La FLANDRE, ou plutôt les Flandres (si on traduit correctement le mot néerlandais vlaanderen)! Pays vert, pays des polders, pays plat ou plat pays comme chanté par les bardes. Un plat pays ponctué de la mer, de monticules, de dunes, de briques rubriques, de beffrois, de fleurs, de dentelles, « de grandes prairies bien vertes, de frais enclos de houblon, des rivières étroites coulant à plein bords »2, de fêtes, de kermesses et de carnavals… En ce qui concerne le houblon, la matière première de la confection de la bière en Flandre, c’est la région de Poperinge qui détient la palme avec plus de 80 % de la production.


La cuisine flamande (et par extension belge !) est non seulement connue pour sa qualité mais aussi pour sa quantité. En effet, en regardant le menu, le touriste-client croit qu’en fonction des prix affichés, les portions de leurs assiettes seront toutes petites ; mais ce qu’il ne sait pas, c’est que les restaurants ne lésinent pas sur la quantité.

 

Ici, les frites sont passées deux fois dans la friture pour qu’elles soient bien croquantes à l’extérieur et fondantes à l’intérieur. Les soupes sont reines, les moules, les croquettes de crevettes, les rollmops de hareng, les soles ostendaise, le chicon (l’or blanc de la Belgique), le waterzoi gantois, la carbonnade, le chocolat (dit ici, pralines) est sans doute le meilleur du monde ; les pistolets –l’une des dizaines sortes de pain, les gâteaux aux senteurs de cannelle (spéculoos, couques, et autres), d’amandes, de lait caillé (mattentaart)…


Et « Le beurre de la région

A un goût de coquelicot »3


Il est vrai que la Belgique est un petit pays mais il est grand par sa diversité de langues, de cultures et de paysages. On trouvera la mer, les lacs, les rivières, les canaux, les bois, les montagnes, les polders… En quelques minutes, on passe des collines aux polders, du plat pays, à la mer, à la belle étendue ponctuée de belles briques ! Il y a ces belles maisons qui nous content l’art et l’architecture ; ces belles terrasses de café où l’on vous sert le moins cher café au monde accompagné d’un spéculos, d’un chocolat et/ou d’une chantilly, de lait ; ces musées attrayants où l’on apprend le passé ; ces boutiques artisanales où l’on voit travailler sous nos yeux un chocolatier, un pâtissier, un boulanger, et j’en passe. Ah, je ne dois pas oublier ce friturier, ce préparateur de moules et ce gaufrier qui titillent nos papilles. Car en Flandre, il est toujours l’heure de manger ou comme dit un ami Flamand, « de prendre quelque chose dans les mains » ; c’est-à-dire manger sur le pouce.


On ne peut parler des Flamands sans mentionner les blagues, les calembredaines et les sobriquets qui se tissent autour d’eux et dont ils sont taxés. Nous n’allons pas en faire un inventaire ni raconter quelques blagues ici puisque ce n’est pas notre propos. Cependant, nous dirons que ce phénomène de blagues remonte à très loin dans le temps. Les Wallons, les Français et les Hollandais avaient tant exercé leurs zygomas. Jacques Brel lui-même, même s’il avait, dit-on, ses raisons, les raillait, taquinait et usait jusqu’à des propos racistes ; il disait que les Flamands « éructent/ aboient en flamand » et « pissent dans les deux langues ». Dans les « Les Flamingants », il chantait :

Messieurs les Flamingants, j’ai deux mots à vous dire

Il y a trop longtemps que vous me faites rire

A vous souffler dans le cul pour devenir autobus

Vous voilà acrobates, mais vraiment rien de plus

Nazis durant les guerres et catholiques entre elles

Vous oscillez sans cesse du fusil au missel

Vos regards sont lointains, votre humour est exsangue

Bien qu’il y ait des rues à Gand qui pissent dans les deux langues

Tu vois, quand je pense à vous, j’aime que rien ne se perde

Messieurs les Flamingants, je vous emmerde.

Vous salissez la Flandre, mais la Flandre vous juge

Voyez la mer du Nord, elle s’est enfuie de Bruges

Cessez de me gonfler mes vieilles roubignoles

Avec votre art flamand italo-espagnol

Vous êtes tellement trop lourds

Que quand les soirs d’orage des Chinois cultivés

Me demandent d’où je suis je réponds fatigué

Et les larmes aux dents « Ik ben van Luxembourg »

Et si aux jeunes femmes on ose un chant flamand

Elles s’envolent en rêvant aux oiseaux roses et blancs.1


Quant aux Français, ils les appelaient les Flandrins, c’est-à-dire de grands gens mous ; ou aussi les Flahutes parce que les Flamands venaient travailler en France et apporter avec eux leur nourriture de la journée pour ne rien dépenser en France. On les disait individualistes, avares comme les Hollandais, lourds, pas assez intelligents, grincheux…


Mais les Flamands ont leurs défauts et leurs qualités ! Quoiqu’individualiste, le Flamand aime faire de nouvelles connaissances. C’est un bon globe-trotter et un parfait polyglotte. Il aime la bonne table, surtout en famille ou avec des amis. Selon un récent sondage, le Flamand dépense beaucoup plus lorsqu’il fait la fête en famille ou entre amis. Il est connu pour boire beaucoup de bière grâce à quelque quatre cent différentes bières produites en Flandre. Mais selon le service Statistique et Information Economique du Service Public Fédéral, la consommation de la bière a légèrement baissé, avec 92,5 litres en 2005, et ce, en faveur de l’eau (136,1 litres), du café (124,9 l) et de boissons rafraîchissantes (120,2 l)Antwerpen, mer. 14 avril 2004 (26)Lsize=1>2.


Le Flamand aime faire du vélo et autres sports ; normal lorsqu’on sait qu’il existe 1200 kilomètres de pistes cyclables en Flandre et 3000 kilomètres de sentiers pédestres. Ce réseau s’appelle le « Grote Routenpaden ». « Dans les communes flamandes, dit Guy Duplat, chaque habitant consacre par an, 134 euros à la culture et aux sports alors que les communes wallonnes n’y consacrent que 88 euros, soit 65 pc seulement des subsides flamands. »3 En fin, le Flamand prend religieusement soin de sa voiture et de sa maison. On dit qu’il est né avec une brique dans le ventre ; mais on oublie de préciser qu’il est aussi né avec un chiffon et une tondeuse dans les mains. Car le Flamand passe des heures entières à s’occuper de son jardin ; et la maison flamande est propre, très propre, très bien rangées et justement bien décorée. Le Flamand sait qu’il ne fait bon vivre que chez…Lui. Dans une lettre, datée du 17 août, à sa femme Adèle, Victor Hugo écrit : « Quant à la propreté flamande, voici ce que c’est : toute la journée, toutes les habitantes, servantes et maîtresses, duègnes et jeunes filles, sont occupées à nettoyer les habitations. »4 Oui, le Flamand est tellement propre, dit l’humour français, qu’il dit toilette (au singulier) au lieu de toilettes, parce qu’il n’a pas besoin d’en faire plusieurs.


La Flandre actuel est fière de ses « Bekende Vlamingen », ses enfants qui l’honorent et qui sont ses ambassadeurs à l’étranger. En effet, on compte des dizaines et des dizaines de personnalités connues dans le monde entier, qu’elles soient sportives, écrivains, cinéastes, grands cuisiniers, stylistes, etc. citons à titre d’exemple, les deux athlètes qui récemment au Championnats d’Europe de Göteborg (2006) ont fait sensations ; l’une Tia Hellebaut championne d’Europe du saut en hauteur grâce à un bond à 2,03 m ; l’autre Kim Gevaert, championne d’Europe du doublé : le 200 m en 22.68 s, et le 100 m. Il faut dire que la Flandre est riche de ses sportifs car on peut ajouter à la liste ci-dessus, une nouvelle génération tels Kim Clijsters (tennis), Tom Boonen (Cyclisme), Stefan Everts (Motocross)… Bien-sûr on n’oublie pas Jean-Marie Pfaff et Edyy Merckx, et les autres ! A signaler aussi Geert van Istandael et Hugo Claus ; non ils ne sont pas sportifs mais écrivains d’un talent certain et confirmé. Et du côté du cinéma, saluons le réalisateur de l’excellent film « De Zaak Alzheimer » d’Erik van Looy (2003) dont le rôle principal a été joué par l’excellentissime Jan Decleir.


Pour terminer, un phénomène qui eut lieu à la fin du XIIe et début du XIIIe siècle, mérite d’être signalé pour sa beauté et son importance à cette époque-là. Il s’agit du mouvement des béguines. En effet, à cette époque, des femmes esseulées, pour la plupart veuves, décident d’organiser une sorte de communauté religieuse retirée dans des lieux protégés appelés béguinages. Il est dit que les noms de « béguinage, béguine » viennent du fondateur même de ce genre de mode de vie, en l’occurrence Lambert le Bègue de Liège qui fonda le premier béguinage en 1173. Mais des sources sérieuses rejettent cette hypothèse et disent que ces mots viennent plutôt de beghina qui signifie « bégayer, marmonner ». Ce terme a été utilisé pour la première fois dans un ouvrage de Caesarius von Heisterbach Dialogus miraculorum, en 1225. Il viendrait aussi de « beggaert », c’est-à-dire mendiant en néerlandais ; ou de « bège », une bure de mauvaise laine dont se vêtent les béguines avec leur « béguin » (petit bonnet attaché sous le menton et qui leur fait comme des œillères5) sur la tête.

Pour survivre, les béguines soignaient les malades, donnaient des cours aux enfants et effectuaient des travaux d’aiguille pour la dentelles, par exemple. Très vite, des béguinages fleurissent à Aarschot, Anvers, Bruges, Courtrai, Diest, Gand, Hasselt, Lierre, Louvain, Malines, Saint-Trond, Termonde, Tongres, Turnhout, etc. De nos jours, sur les 90 béguinages existants par le passé, dans toute la Belgique, il n’en reste que 26 ; et les béguines ne sont qu’un vague souvenir…


 

La Belgique en quelques chiffres

Capitale

Bruxelles

Régime

monarchie constitutionnelle et parlementaire.

Population

10 511 382 habitants : en gros 6 millions de Flamands et 4 millions de Wallons.

Indépendance

 

4 octobre 1830 : séparation des Pays-Bas.

Espérance de vie

 

78 ans (Femmes 82

Hommes 76)

PIB par habitant

 

$ 23 750 (2002)

Langues officielles

 

Néerlandais, Français, Allemand.

Fête nationale

Le 21 juillet (en souvenir du sermon de Leopold II, en 1831, sur la constitution)

Religion principale

 

Catholicisme.

Point culminant

694 m Signal de Botrange (Wallonie), Fourons 287,5m (Flandre)

Cours d’eau importants

Meuse, Démer, Geer, Dommel.

Divisions administratives

3 régions : Bruxelles-Capitale, la Région flamande et la Région wallonne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Signalons au passage, qu’en France, les Flandres désignent la région Nord, c’est-à-dire, le comté des Flandres conquis, au XVIIIe siècle, par les années de Louis XIV: les Flandres françaises (Dunkerque, Steenvoorde, Lille, Douai), l’Artois et la Picardie.

2 Victor HUGO, Œuvres Complètes, Voyages, « France et Belgique », Robert Laffont, Paris, 1987, p. 608

3 Hugo Claus (1929), « In Flanders Fields », in Littérature en Flandre, 33 auteurs contemporains, « Escales du Nord », Le Castor Astral, 2003, p.41.

4 Les Marquises, Barclay, 1977.

5 In « L’Echo », mis en ligne le 17/08/2006.

6 Guy Duplat, « Les communes investissent trop peu dans la culture! », article paru dans « La Libre Belgique 2006 » Mis en ligne le 27/07/2006.

7 Victor HUGO, Œuvres Complètes, Voyages, « France et Belgique », Robert Laffont, Paris, 1987, p. 608

La Province du Limbourg (Limburg)

La Province du Limbourg (Limburg)La province du Limbourg se trouve au nord-est de la Belgique ; elle a pour chef-lieu Hasselt, et une population de plus de 814 658 habitants éparpillés dans 2 422 km². Elle compte trois arrondissements : Hasselt, Maaseik et Tongres (Tongeren), et 44 communes dont Alken, Bilzen, Borgloon (Looz), Bree, Genk, Maaseik, Maasmechelen, Nieuwerkerken, Peer, Saint-Trond (Saint-Trond), Tirlemont (Tienen) et Tongres.Au nord et à l’est du Limbourg, on trouve les Pays-Bas ou ce qu’on appelle le Limbourg néerlandais. A l’ouest, les provinces d’Anvers et du Brabant flamand, et au sud la province de Liège (Wallonie). Ajoutons à tout cela, la commune des Fourons située entre les Pays-Bas et la Province de Liège. Le Limbourg est une contrée agricole avec des milliers d’hectares de culture de chicons, de poires, de pommes, et de cerises. On y trouve aussi quelques industries surtout dans le domaine de la chimie (Tessenderlo Chemie, à Tessenderlo, et Borealis à Beringen), de l’acier (ALZ Genk), et de la télécommunication sans fil : I-City (un vrai et unique laboratoire dédié à la télécommunication à Hasselt). Jamais on ne verra ailleurs, dans toute la Flandre, le nombre impressionnant de vélos que l’on voit ici. Et c’est à juste titre que la province a réservé plus de 2 000 km de pistes cyclables. Saluons, en outre, tous les efforts fournis pour que cette province soit un havre de détente et de loisirs, puisque 6 des 8 parcs de vacances et campings de Flandre se trouvent ici.GenkGenk compte, au 1er janvier 2006, une population de 63 787 habitants. Située à proximité du canal Albert, cette ville passerait presque inaperçue si elle n’était le site par excellence de charbonnages du Limbourg (les mines de Winterslag et de Waterschei) grâce à ses immigrés Turcs. Actuellement, elle s’intéresse à l’industrie de l’automobile (Ford Genk). La ville est agréable pour le promeneur : le jardin du Molenvijver qui couvre 15 ha offre une bonne bouffée d’air, et à quelques mètres de là, se trouve le zoo de Zwartberg.Bokrijk, nature et culture Bokrijk est la plus grande plaine de jeu de Flandre avec 550 hectares de forêt boisée de conifères et de maintes autres variétés de plantes et de fleurs. Mais avant de devenir ce qu’il est actuellement, c’est-à-dire un immense musée en plein air, et -s’il vous plaît- le plus grand d’Europe, où se mêlent culture, histoire, nature et loisirs. Bokrijk n’était qu’une forêt.Le 9 mars 1252, Arnold IV, Comte de Looz et de Chiny vend à l’abbaye cistercienne d’Herckenrode la forêt de Buscurake. Cette immense forêt de conifères où coule une eau abondante est située entre Genk, Zonhoven et Hasselt. Elle est le poumon vert de la région. En 1447, l’abbaye cistercienne exploite la forêt en la louant à des métayers contre la moitié des bénéfices. Et ce, jusqu’à la période de la présence française. Dès 1719, cette forêt est mentionnée sous l’appellation de Bouchreyck, d’où le nom actuel Bokrijk.Le 22 avril 1797, un habitant de Maastricht rachète Bokrijk pour 90.000 FB ; pour finir 141 ans plus tard (le 21 mars 1938) propriété de la province du Limbourg, à sa tête le gouverneur de province H. Verwilghen. Ce dernier voulait allier nature et culture avec d’immenses travaux de restauration. Mais il faudra attendre le début des années 1950 pour voir l’idée de la création d’un musée en plein air enfin prendre forme. Il était en effet urgent de sauver le patrimoine culturel et architectural de Flandre qui menaçait de tomber en décrépitude.L’idée était de recréer un village flamand à Bokrijk. Pour cela, des centaines de vieilles constructions rurales ont été examinées, étudiées avant d’être démontées et transportées, avec tous les objets qu’elles contenaient, jusqu’à ce musée à ciel ouvert.Actuellement, le Musée de plein air de Bokrijk, sous la présidence de Sylvain Sleypen, comprend un côté rural, un autre urbain qui reconstitue les villages de la Campine et de la Hesbaye, ainsi qu’un quartier du vieil Anvers (Antwerpen). Le musée contient plus de 100 bâtiments historiques avec leurs intérieurs préservés.Tout au long de sa promenade, le visiteur découvrira la vie des ancêtres de la Flandre, leur mode de vie, leurs maisons, leurs recettes culinaires, leurs jardins de fleurs et le potager, leur artisanat. Avec un peu de chance, le visiteur rencontrera une troupe de musiciens, le pasteur du village, ainsi que le garde champêtre patrouillant. Dans l’unique école du village, il surprendra peut-être le maître d’école faisant sa classe. Et non loin de là, l’idiot du village, le vendeur de peaux, le curé ou le berger se promènent dans tout le domaine. Aménagé en 1955, l’arboretum est un merveilleux jardin de 12 ha connu dans le monde entier. De petits ponts en bois, des sentiers de randonnée, des allées aménagées et des bancs rendent la randonnée agréable. On y découvre un grand nombre d’espèces et de variétés de buissons et d’arbres ornementaux, qu’ils soient indigènes ou exotiques. Ainsi, les rhododendrons et les magnolias, les pruniers et les pommiers ornementaux, les baies de sureau et les sapins, les crocus et les fleurs, le houx et le bambou se marient à merveille.Quant au potager, il se situe dans la partie campinoise du musée et donne un aperçu de l’évolution de la culture maraîchère. Chaque année, une plante bien précise est mise en valeur. Quant à la réserve naturelle gérée par l’Association « Natuurpunt » et qui répond au joli nom de Het Wiek (l’aile), elle fait partie de la forêt vierge accessible uniquement avec un guide et où l’on découvre des espèces rares. Avec ses nombreux étangs et roselières, elle est un excellent refuge pour de rares oiseaux aquatiques et des marais pendant la couvaison. L’administration du musée, un restaurant et une taverne occupent le château de style Renaissance mosane et anglaise. Il a été érigé par Ferdinand de Meeûs en 1896 ; il occupe 60 ha du domaine. Aujourd’hui, plusieurs manifestations ont lieu dans le château. En 2005, par exemple, il a été transformé en casino à l’occasion des journées des paris et des jeux de hasard. Hasselt, charme et douceurHasselt compte 70 035 habitants (janvier 2006) pour une superficie de 10 224 km². La ville est située sur la rivière du Demer et le canal Albert, entre les régions de la Campine et de la Hesbaye.Hasselt a été fondée au VIIe siècle sur le Helbeek, un affluent du Demer. Le nom de Hasselt vient de Hasaluth, signifiant noisetier. Hasselt a été désignée bonne ville en 1165 du comté de Looz par une charte communale. C’est en 1839, après la fixation définitive des frontières entre la Belgique et les Pays-Bas que Hasselt devint la capitale de la province belge du Limbourg.Quand nous parlons de Hasselt, nous pensons à la petite mais accueillante place du grand marché. En effet, le Grote-Markt est ceint de cafés et de restaurants, avec leurs enseignes lumineuses multicolores où règne toujours une ambiance formidable. C’est là que vous sera servi un café avec un spéculos de Hasselt. C’est là aussi que la TVL, la télévision du Limbourg a élu domicile, dans un café du grand marché, et où elle prend toujours le pouls de la ville. Les rues sont propres et offrent un éventail de boutiques variées et chics. Des passages permettent de passer d’une rue à l’autre et de découvrir d’autres magasins. Tout cela a fait, qu’en 2004, Hasselt a reçu le titre de « la plus agréable ville de Flandre ».Le Musée Communal Stellingwerff-Waerdenhof, qui a été rénové fin 2005, retrace l’histoire captivante de Hasselt en tant que haut lieu du Limbourg et du comté de Loon. En outre, de nombreuses et intéressantes expositions permanentes sont organisées. A ne pas oublier le Musée National du Genièvre, sans lequel Hasselt ne serait qu’un corps livide. Le musée est en fait le complexe de distillerie situé à quelques pas du béguinage. Nous trouvons tout un appareillage de distillerie retracent l’histoire de la confection de cette eau-de-vie. Signalons au passage que le béguinage est malheureusement sans intérêt et sert de fourre-tout pour plein de choses dites « art ». Or, par le passé, il était un béguinage d’un monumental rayonnement. Dès le XIIIe siècle, une communauté de religieuses s’y installe. A ce moment-là, le béguinage se trouvait à l’extérieur de la ville, et vu les troubles qui sévissaient alors, il reçut la permission de s’établir à l’intérieur des murs.Loin du centre, les adeptes de la zenitude trouveront un cadre agréable et calme dans le Jardin Japonais (Japanse Tuin). Il est le plus important d’Europe et s’inspire des jardins de thé japonais du XVIIe siècle. La végétation est luxuriante et des carpes coulent des jours paisibles dans le lac du jardin.Et à quelques foulées du centre, se trouve le domaine naturel de Kiewit qui est un grand parc de 100 ha offrant au promeneur un bon moment de détente et de découverte. Il renferme un jardin anglais, un jardin de plantes aromatiques, un jardin aux papillons, une salle d’apiculture et une ferme pour les enfants. AlkenLe nom de la petite commune d’Alken est célèbre puisque lié à la brasserie Maes et Cristal Alken. Située dans la Hesbaye, entre Hasselt (8 km) et Saint-Trond (13 km), la petite commune d’Alken contient 11 043 habitants sur une superficie de 28,14 km2. Elle n’est pas un lieu de tourisme ; cependant ses châteaux : Rodenpoel, Terkoest, Erckenteel et Rootsaert (ils ne sont malheureusement pas ouverts au public) ; ses manoirs comme, Geuzentempel, Brandenpoel ou Leva (connu surtout par les Alkinois sous l’appellation de Château Leva) sont ouverts lors des journées du patrimoine ou journées à thèmes ; ses immenses champs de pommes et de poires avec leur charme bucolique nous invitent à la détente et à la rêverie. En outre, Alken est très souvent le point de départ d’activités touristiques et sportives (cyclisme).Au centre ville, dont la grande artère vient d’être renouvelée, se trouve l’église Sint-Aldegondis qui possède une belle tour gothique. La petite chapelle Sint-Joris est sise dans la Hemelveldstraat et est classée monument historique.Looz (Borgloon)Ancienne Bonnes Villes de la principauté de Liège qui en comptait 23, Looz était la capitale du comté du même nom.Autrefois, l’hôtel de ville était une maison bourgeoise construite à la fin du XIe siècle dans un style mosan avec une galerie à arcades. On dénombre pas moins de 20 châteaux dans la commune. A Kuttekoven, par exemple, on trouve le magnifique et majestueux château de Rullingen, édifié en 1640, avec ses douves, son hôtel (15 chambres), son immense et beau parc où une végétation luxuriante invite le visiteur à une promenade paisible et agréable.Saint-Trond (Sint-Truiden)Saint-Trond (38 242 habitants, en 2006) se targue d’être, avec Tongres, la ville la plus ancienne de Belgique. C’est vers l’an 650 que Saint Trond fonde une église et un monastère sur les lieux mêmes de la Grand-Place. Très vite, ces deux lieux deviendront une abbaye de grande importance autour de laquelle s’organiseront toute une société et tout un commerce. De nos jours, l’un des plus importants marchés à bestiaux est tenu chaque mardi sur cette place. Une fois sur la Grand-Place, trois tours attirent le regard du visiteur : celle du beffroi de l’hôtel de ville, celle de l’église Notre-Dame et celle de l’ancienne abbaye brûlée (romane du XIe siècle) qui a été récemment restaurée. Signalons deux autres fâcheux incidents qui ont failli raser définitivement l’abbaye ; il s’agit d’un autre incendie en 1975, et une forte explosion en 1992 dû à un défaut de l’installation électrique.La porte de cette abbaye est de style baroque et date de 1655 ; elle mène vers le haut de la tour d’où l’on peut admirer tout Saint-Trond ainsi que les environs. Pour ce faire, il faut monter les 196 marches et les 5 plateformes de repos. Dans le périmètre de la bâtisse se trouve une crypte où l’on peut voir les fondations de l’ancienne abbaye, et plus près se trouve l’Academiezaal (la salle académique) construite en 1845. La salle octogonale et en amphithéâtre, offre une excellente acoustique et c’est pour cela que non seulement des congrès ou des réunions se tiennent, mais aussi des mini-concerts classiques. La coupole de 15 m de diamètre est richement décorée de stucs représentants des muses et des rosaces.L’hôtel de ville, de style classique, est construit au XVIIIe siècle sur les vestiges de l’ancienne halle. En réalité, l’hôtel de ville renferme trois bâtiments : la halle du XVIIIe siècle, le beffroi et la mairie. La tour du XIIIe siècle est reconstruite en 1606 et abrite un carillon de 41 cloches.Quant au béguinage, il renferme de belles maisons particulièrement une à tourelle de 1619 qui, probablement servait d’habitation de service à la Grand-Maîtresse, et une autre à colombages de 1690. Les quatre maisons à deux étages qui délimitent le sud du béguinage ont été construites en 1780, et sont dites « maisons conventuelles ». Le béguinage a connu plusieurs transformations qui ont quelque peu dénaturé le style architectonique initial. Au centre, se trouve l’église gothique Sainte-Agnès du XIIIe siècle, bâtie sur les terrains offerts par l’Abbé bénédictin W. Van Rijkel en 1258 aux « mulieres religiosae » ou les béguines. L’église abrite à présent le musée provincial d’Art religieux ainsi que des pierres tombales de saints dont celle de Matthias, le premier curé de l’église, décédé en 1295. Il contient 38 peintures murales d’une rare beauté et qui représentent des thèmes de la vie de Marie et des saintes. Il abrite également la « tribune d’orgue » (1656) et la chaire de vérité de style baroque (1672).A côté de l’église se trouve un petit musée gratuit, tenu par les habitants volontaires du béguinage. Nous y voyons la plus grande horloge astronomique au monde réalisée par Kamiel Festraets. Elle pèse 4 tonnes et mesure 6 m de haut, 4 m de long et 2,50 de large, et comporte plus de 20 000 pièces. L’histoire dit qu’il a mis cinq ans pour la réaliser. Lors de la visite, on peut assister, en plus d’une présentation détaillée du fonctionnement de l’horloge, à des leçons sur les marais et la rotation de la terre grâce au pendule de Foucault. Nous y trouvons aussi la plus petite montre du monde, montée sur une bague en or. Un chef-d’œuvre ! Tienen (Tirlemont)Tirlemont est célèbre pour ses betteraves sucrières traitées dans la raffinerie et transformées en toutes sortes de produits à base de sucre. En automne 2002, un Musée du sucre a ouvert ses portes sur la Grand-Place. On y découvre toute l’histoire de cet édulcorant aujourd’hui indispensable. Au centre ville de Tirlemont se trouvent deux églises impressionnantes : d’une part, l’église Saint-Germain, une basilique romane à quatre tours dont seul le bâtiment ouest datant du début du XIIIe siècle ; d’autre part, l’église gothique Notre-Dame-au-Lac, construite en plus de 250 ans, offre une belle architecture avec des portails richement ornés de reliefs. BilzenQuand en 1220 l’ordre teutonique du village de Bilzen s’est vu donner une chapelle et des terrains annexes, on décida de construire une commanderie qui porte actuellement le nom d’Alden Biesen. De nos jours la commanderie, située dans la commune de Rijkhoven, est transformée en centre culturel de la communauté flamande. Chaque année, les amoureux de la musique écossaise se donnent rendez-vous dans le périmètre du château, et l’on y vient du monde entier : d’Ecosse et d’Irlande aussi. Tongres (Tongeren), la cité millénaireTongres est le chef-lieu et la capitale juridique (siège de la Cour d’Assises) de la province du Limbourg et compte 29 687 habitants en janvier 2006 pour une superficie de 87,56 km2. Située près de Hasselt, au centre de la Hesbaye (Haspengouw) fertile, sur le Jeker et à la frontière linguistique flandre-wallonie, Tongres est la plus ancienne ville de Belgique. En effet, nommée Atuatuca Tungrorum par les Romains, elle fut la capitale du district Tungri sous leur administration. Avant l'occupation romaine, la ville, région très fertile, était occupée par la tribu gauloise des Éburons. Mais en 1677, la ville connaîtra un fâcheux destin : les troupes de Louis XIV, à leur tête le comte Français de Calvo, mettent à feu et à sang Tongeren ne laissant que cendres et désolation. Ainsi, une très grande partie du patrimoine culturel de cette ville fut perdu à jamais. Dans la ville actuelle, deux enceintes subsistent : un mur long de plus d’un kilomètre, ainsi que le Beukenberg, un rempart de terre qui, jadis, supportait un aqueduc. Tout au long des siècles passés, Tongres s’est développée et a attiré de plus en plus de commerçants et d’artisans. Et vu sa fulgurante prospérité, surtout à partir des XIIe et XIIIe siècles, elle s’est dotée de longs remparts pour se protéger des influences extérieures et des pilleurs.C’est à cette période-là que se sont développés, en plus de la construction des remparts, le mouvement des béguines et l’érection de monuments tels l’hospice Saint-Jacques, la basilique, la Moerenpoort et la tour Velinx.Le Musée provincial gallo-romain, un des plus importants de Belgique, présente les vestiges archéologiques de la région et permettent de retracer le passé de la civitas Tungrorum. Au centre de la Grand-Place siège la statue d’Ambriorix, le chef des Eburons qui s’opposa aux troupes romaines en 54 av. J.-C.A l’intérieur de la basilique Notre-Dame (Onze Lieve Vrouwbasiliek, 1240-1541), le monument le plus marquant de Tongeren, des fondations romaines ont été retrouvées. Il s’agirait des restes d’une église primitive du IXe siècle. Les fouilles (jusqu’à 4 m de profondeur) commencées en 1999, révèlent chaque jour de nouveau indice sur le passé de ce monument. Un échafaudage a été mis pour une visite gratuite de ces fouilles et le suivi des travaux. La tour de la basilique est de style gothique brabançon et est terminée en 1586. Elle mesure 64 m et abrite un carillon de 42 cloches. L’orgue, quant à lui, est signé Le Picard et est formé de 4 000 tuyaux. Quant à l’ancienne salle du chapitre, transformée actuellement en salle du Trésor, elle contient la collection d’art religieux la plus riche des anciens Pays-Bas. Elle renferme de nombreuses œuvres d’art dont un retable gothique en bois sculpté illustrant l’histoire de la Vierge ; deux œuvres du Dinantais Jehan Josès (1372) : un lutrin en forme d’aigle et un chandelier à chapiteau feuillagé en cuivre ciselé, l’ostensoir-reliquaire en argent doré de sainte Ursule datant de 1350, et une agrafe mérovingienne en or et une statue de Notre-Dame de Tongres offrant un raisin à l’Enfant Jésus. Le cloître du XIIe siècle, quant à lui, est unique dans toute la Flandre de par sa construction et la sensation de calme qu’il procure. L’hôtel de ville a été construit en 1737 par le Liégeois Pascal Barbier et renferme une magnifique ébénisterie liégeoise. La Moerenpoort est l’une des six portes de la ville est date de 1379. Elle a été convertie en musée de l’histoire militaire de Tongres. Sur la Grand-Place, bordée de plusieurs maisons de style mosan, trône la statue d’Ambiorix. Le béguinage sans clôture englobe des maisons des XVIe et XVIIe siècles et entoure l’église Sainte-Catherine (1294). Il est, comme ses pairs, inscrit sur la liste du patrimoine mondiale de l’Unesco. C’est un lieu de repos et de rêveries, un lieu de charme et de paix. Le béguinage a heureusement survécu à ce que les Flamands appellent le « Grand Incendie » de 1677, et nombreuses maisons de béguines ont été restaurées à merveille.Maaseik, le lion bleuEn 1244, Maaseik a obtenu le titre de ville du comté de Looz et l’une des 23 Bonnes Villes de la principauté de Liège. La ville a été presque entièrement ravagée par un incendie en 1684. De nos jours, Maaseik (23 631 habitants) est une petite ville qui est fière de son musée érotique et de la plus ancienne pharmacie privée de Belgique (1704) qui porte le poétique nom de « De Blauwe Leeuw » (Le Lion Bleu). Depuis son ouverture, six générations de pharmaciens ont défilé dans cette pharmacie ; le dernier apothicaire est décédé en 1964. La boutique est transformée en musée de la ville. Sa façade est de style Renaissance du Pays de Meuse ; à l’intérieur, d’anciens comptoirs ainsi que des étagères et commodes sont visibles. On y trouve aussi un très ancien livre de recettes. S’ajoutent à tout cela des bocaux avec leurs contenus d’origine, des mortiers et pilons de l’époque. L’église Sainte-Catherine (XIXe siècle) possède le Codex Eyckensis, un évangéliaire du VIIIe siècle.Une fois l’an, a lieu la Knapkoekfiest, une fête dédiée à un biscuit du XVIIe siècle. Et la ville a aussi son carnaval annuel où le prince du carnaval porte un beau costume et se voit remettre la clé de la ville.AverbodeL’abbaye norbertine d’Averbode, dans la commune de Montaigu (Scherpenheuvel) a été fondée par les prémontrés de l’abbaye Saint-Michel d’Anvers connus pour leurs œuvres charitables. Le porche de grès ferrugineux est en style gothique et date du XIVe siècle.

La Province d'Anvers (Antwerpen)

AntwerpenLa Province d'Anvers (Antwerpen)La province d’Anvers (Antwerpen) se trouve au Nord de la Belgique, à la frontière avec les Pays-Bas. Anvers en est le chef lieu, et compte, entre autres, les communes de Malines (Mechelen), Lierre (Lier), Hoogstraten, Turnhout, Kasterlee et Geel.Malines (Mechelen) la bourguignonneMalines est située sur la Dyle, entre Anvers et Bruxelles. Elle était la capitale des anciens Pays-Bas quand, au XVIIIe siècle, Marguerite d’Autriche (fille de l’empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne, veuve de Philibert de Savoie, tante de Charles Quint et gouvernante des Pays-Bas) y fixa sa résidence. On surnomme les Malinois « Les Extincteurs de la Lune » car, selon une légende, une nuit de l’an 1687, ils prirent les reflets rougeâtres de la lune sur la tour Saint-Rombaut pour un véritable feu et s’affolèrent. Bien-sûr ce n’est qu’une légende, mais une légende qui court toujours dans toute la région et au-delà ! Le nom de Mechelen était connu dès 1008 mais la ville n’a connu une vraie prospérité qu’au XIIIe siècle ; c’est alors qu’elle s’est dotée de remparts dont la Brusselpoort (la Porte de Bruxelles) est le seul témoin.Malines contient pas moins de 350 monuments classés dont le célèbre beffroi et le béguinage, eux aussi classés patrimoine mondial de l’Unesco. L’impressionnante cathédrale Saint-Rombaut, avec sa tour de 97 m et ses deux carillons (49 cloches chacun), est un immense chef-d’œuvre d’architecture du XVIe siècle. Signalons au passage que Malines abrite la première école de carillons de Belgique. La cathédrale renferme nombreuses peintures dont le Christ en Croix de Van Dyck (1630) et les 25 panneaux de la Légendes de St-Rombaut (XVe et XVIe siècles).Quant à l’hôtel de ville, il renferme une belle salle de conseil richement décorée (1914), avec sa vertigineuse ébénisterie, dans un style néo-gothique et végétal.En se promenant dans cette ville de 78 268 d’habitants, nous découvrons de superbes maisons bourgeoises, des marchés, des places et jardins publics. Nous y trouvons aussi des curiosités comme la rue des Caquets ou Klapgat qui est un passage pittoresque situé en face de l’église Saint-Jean, jadis un lieu de rassemblement des commères du quartier. Plus loin, le Palais de Marguerite d’Autriche se tient toujours fier. Il s’agit d’un palais en gothique tardif avec façade frontale en style Renaissance, construit en 1507 pour Marguerite d’Autriche. De nos jours, il abrite le palais de justice avec un beau jardin de style Renaissance.Malines possède deux béguinages, l’un dit Petit Béguinage date du XIIIe siècle et est situé au centre de l’ancienne ville. L’autre, le Grand Béguinage, est classé patrimoine mondial et offre des venelles pittoresques avec des façades restaurées.Lierre (Lier)Lierre (Lier) est située à 20 km au sud-est d’Anvers, et à quelques minutes de Malines ; elle compte 33 272 habitants. Qui dit Lierre, dit Zimmertoren avec sa fameuse horloge de 1930. La tour de Zimmer (du nom de l’horloger Louis Zimmer, 1888-1970), également connue sous le nom de « Tour de Cornelius », était à l’origine une partie de la muraille de la ville. Sur la façade, on peut contempler la Jubelklok avec ses 13 cadrans sur lesquels sont mentionnés : la période moyenne officielle de Greenwich, le cycle lunaire, les signes du zodiaque, le cycle solaire, les jours, les mois, le globe avec les méridiens, les dates éternelles, les saisons, les marées dans Lierre, l’âge et les phases de la lune. La Zimmertoren abrite également le studio astronomique (1932) contenant 57 cadrans ; tandis que le Pavillon Zimmer renferme la Wonderklok (1935) avec ses 93 cadrans et 14 automates. Sur le côté droit de la tour, on voit quatre statues représentant les quatre saisons, et par extension les phases de la vie humaine. Sous ces statues, les statuettes des rois belges et les notables de la ville défilent chaque jour à midi.La Collégiale Saint-Gommaire est de style gothique flamboyant. Quant au marché, il est entouré de plusieurs belles et vieilles maisons de guildes. Au centre de la place se trouve l’hôtel de ville de style rococo avec son beffroi de 1396. Et de l’autre côté, le béguinage de Lierre date du XIIIe siècle et compte parmi les plus grands et les plus représentatifs béguinages de Flandre. La plupart de ses 162 maisons datent du XVIIe siècle.Anvers(Antwerpen)Anvers est la deuxième ville de Belgique après Bruxelles de par son importance politique et économique, mais la première de la Flandre de par sa population 461 496 habitants (2006), sa superficie et le fait qu’elle soit le second port maritime d’Europe (après Rotterdam) et la ville du diamant « Cut in Antwerpen » puisque 54 % du commerce international des pierres taillées vient d’Anvers, et 90 % y transitent. Ce qui fait que la ville, avec le Pelikaanstraat, le quartier des diamantaires, est le plus grand marché mondial du diamant. A signaler aussi qu’en 2005, les autorités d’Anvers ont inauguré le plus grand bassin à marée du monde, le Deurganckdok. Il permettra dorénavant, en plus de décharger et de charger sans limitation de volume, d’éviter la perte de temps occasionnée par l’éclusage lors de l’accostage des porte-conteneurs.Aux XIIIe et XIVe siècles, Anvers connut l’apogée et la luxure grâce au commerce de la laine avec l’Angleterre profitant de la léthargie de Bruges qui connut en ces temps-là des moments difficiles à cause de l’ensablement de son port. Antwerpen, mer. 14 avril 2004 (62)MC’est ainsi que la ville attira les marchands et les artistes du monde entier. En 1555, par exemple, Christophe Plantin fonda son imprimerie dans la Kammenstraat. Malheureusement des troubles politiques et religieux éclatèrent en 1566 sous Philippe II, puis le 4 novembre 1576, lorsque les soldats espagnols tuèrent des milliers d’Anversois et détruisirent des œuvres artistiques. Anvers connaîtra des hauts et des bas jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale où on la voit respirer à nouveau et connaître l’apogée d’antan.Anvers offre une belle vue sur l’Escaut grâce à ses quais surtout du côté du château médiéval du Steen. La Grand-Place, bordée de hautes façades Renaissance à pignons, est l’une des plus belles du pays avec son imposante fontaine qui représente un colosse, œuvre de Jef Lambeaux, en posture d’un jet d’une main coupée. La légende raconte que le Romain Brabo intercepta un pilleur des bateaux navigant dans l’Escaut, lui coupa la main et la jeta dans l’eau, d’où le nom flamand « hand (main) werpen (jeter) », Antwerpen. Une deuxième légende dit qu’il ne s’agit pas d’un voleur mais d’un géant, Duron Antigoon, qui contrôlait l’accès à l’Escaut et qui tranchait la main de ceux qui refusaient le péage. Enfin, une dernière légende fait remonter le nom au germanique « anda-werp », nom désignant un monticule destiné à protéger la région de l’invasion frisonne La Cathédrale Notre-Dame gothique date de 1352 (terminée en 1521). Après l’incendie et le pillage causés par les calvinistes, on allait la démolir mais elle a été heureusement sauvée en 1802 ; puis restaurée à nouveau en 1993. La cathédrale est la plus grande église gothique de Belgique ; elle mesure 118 m de long et 67 m de large, et la tour 123 m de haut. Ce qui fait qu’elle est aussi la plus haute de Belgique (avec ses 622 marches). Elle a un carillon de 47 cloches et contient 7 nefs et 125 piliers sous chapiteaux, et plusieurs œuvres d’art dont La Descente de Croix et la Résurrection de Rubens.L’hôtel de ville, quant à lui, est de style Renaissance ; il a été construit de 1561 à 1564 par Cornelis De Vriendt, puis rebâti en 1581 tel que nous le connaissons actuellement. A quelques centaines de mètres, la Maison de Rubens, construite entre les XVIe et XVIIe siècles, a été rénovée en 1937 et transformée en musée pour accueillir les œuvres du maître.Au bord de l’Escaut s’érige tout fier le Steen, une forteresse du IXe siècle et qui est, de nos jours, le Musée National de la Marine (bateaux en cale sèche et expositions temporaires). Pour les amoureux des musées, le Musée Royal des Beaux-Arts, construit entre 1884 et 1890, est un régal pour les yeux avec ses 3 000 œuvres disposées dans 30 salles. On y trouve de tout ; cinq siècles de peinture : les Primitifs Flamands , les Surréalistes, les Symbolistes, les Expressionnistes, l’Ecole anversoise, les Fauves… Ajoutons à cela le Musée Plantin-Moretus, rien que pour le fait qu’il soit inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco (2005). On y voit l’atelier et la maison (34 pièces) de l’imprimeur Français Christophe Plantin (Saint-Avertin, France 1520-1589) ; la bibliothèque avec ses 30 000 ouvrages, entre autres des incunables, des enluminures et treize bibles Gutenberg, sept presses, des tapisseries flamandes et 18 toiles de Rubens.Le MOMU est le Musée de la Mode : tout le processus de la création des étoffes est expliqué. Et au Musée du Diamant, la précieuse pierre est reine ; on y raconte son histoire, de son extraction à son montage, en passant par son polissage.Pour avoir une idée de la Flandre en quelques minutes, le Musée du Folklore de la Flandre nous présente la vie domestique, les fêtes, l’artisanat, la décoration de la maison flamande.Le 2 juillet 1931, la ville d’Anvers commence les travaux de la réalisation d’un tunnel piétonnier à 31,57 mètres sous terre. Le tunnel, construit en deux ans, mesure 575 m de long et 4,30 m de large est qualifié de chef-d’œuvre architectural. Il permet de rejoindre sous l’Escaut l’autre côté de la rive d’où l’on a un superbe panorama d’Anvers et du fleuve.La Vleeshuis (maison des Bouchers), située entre le Grote Markt et le Steen, est un imposant édifice gothique en briques. Sa construction a duré trois ans (1501 à 1504). Comme son nom l’indique, la maison était la corporation des Bouchers ; elle abrite des centaines d’objets illustrant la vie des corporations et une magnifique collection d’instruments de musique.Quant à la gare Centrale, construite par L.J.J. de la Censerie entre 1895 et 1905 en style néo-baroque, elle témoigne d’une belle architecture ferroviaire et était la fierté du roi Léopold II. Restaurée en 1995 (pour les grands travaux) puis en 2005, ce décor de machines à vapeur mérite vraiment le détour.GeelGeel est une petite et charmante ville (35 189 habitants). Elle est charmante par son cadre calme et bon enfant qui s’y dégage. C’est peut-être pour cela qu’elle abrite une clinique psychiatrique, la plus célèbre de Belgique et du monde puisque les malades non dangereux sont immédiatement placés chez des familles pour mener une vie normale. Une expérience unique au monde qui permet de ne pas isoler les malades et de les ramener en douceur à la vie de tous les jours.En plein cœur de la ville se trouve le parc communal, un havre de repos et de verdure. On appréciera l’ancien hôtel de ville, l’église Sainte-Dymphne ainsi que le musée de la Boulangerie.HoogstratenLa majestueuse église à bandes décoratives sombres et claires Sainte-Catherine (1525-50) et l’hôtel de ville (1534) sont l’œuvre du Malinois Rombaut Keldermans. Cette ville de 18 582 habitants (2006) abrite un beau et calme béguinage du XVe siècle.TurnhoutSituée dans la Campine anversoise, Turnhout (39 791 habitants) est, comme le rappellent les drapeaux sur la Grand-Place, la capitale mondiale de la carte à jouer puisqu’elle abrite la plus grande usine au monde. La ville renferme le centre culturel De Warande ; cette Warande qui était le terrain de chasse choyé surtout par les ducs bourguignons. Tout près de là, l’actuel palais de justice est l’ancien château des ducs de Brabant (vers 1110), transformé au XVIe siècle en palais de style Renaissance pour Marie de Hongrie, qui y séjourna de 1546 à 1556. La ville s’était développée autour de ce château et était longtemps resté le lieu de résidence de nombreux seigneurs jusqu’au XVIe siècle, période durant laquelle elle connaît la prospérité, grâce au commerce de la draperie.Edifié en 1961, l’hôtel de ville est une laideur architecturale qui défigure la Grand-Place. Quant au béguinage de 1372, sans avoir la prétention et la majesté de ceux de Louvain ou de Bruges, par exemple, il a son propre caché de charme et de calme. Pour les amoureux des cartes à jouer, le musée de la Carte à jouer recèle divers jeux de toutes sortes et de toutes les époques.KasterleeCentre de villégiature par excellence, Kasterlee (17 908 habitants) offre plusieurs opportunités de récréation et de détente avec des sentiers balisés bordés de pins et de mille herbes et fleurs. On y trouve aussi plusieurs moulins, atmosphère qui nous rappelle que la Hollande n’est pas si loin.Une fois l’an, Kasterlee organise le « Pompoendag », la Journée du potiron où l’on peut assister à diverses expositions sur le thème du potiron. On y organise aussi le concours du plus gros potiron européen.MolLa commune de Mol (32 751 habitants) est située dans l’arrondissement de Turnhout, à la frontière hollandaise. Connue surtout pour son industrie verrière grâce à sa richesse en sable blanc, ainsi que pour ses bois de pin. Le domaine provincial Het Zilvermeer (Le lac argenté) s’étend sur près de 145 ha ; on y trouve les Molse Meren (Lacs de Mol) avec ses plages et ses différentes activités nautiques. Het Zilvermeer est probablement l’attraction la plus connue par les touristes du monde entier puisque, depuis 1959, celle-ci offre un cadre agréable de plage et de sable blanc pendant la période estivale. Ce « pétrole argenté » qu’est ce sable, a été découvert pendant la deuxième partie du XIXe siècle, et depuis on n’a cessé de l’extraire. Actuellement, l’entreprise « SCR Sibelco » détient les rênes de l’extraction du sable blanc (la première société au monde).L’abbaye des Prémontrés de Postel a été fondée au XIIe siècle dans un cadre impeccablement boisé. Les Prémontrés, appelés aussi les « Witheren », les hommes blancs parce qu’ils portent un froc blanc, s’occupent de l’abbaye en se consacrant entre autres, à l’agriculture, la sylviculture et l’élevage. A noter aussi l’existence, dans l’abbaye, d’une riche bibliothèque (miniatures et incunables), d’une fromagerie et d’un jardin des plantes aromatiques.Au centre-ville, sur le Marché, l’on observe l’ancienne mairie, maintenant Office du tourisme, qui se trouve juste devant l’église Saint-Pierre et Saint-Pauwel du XVe siècle (avec un carillon de 49 cloches), soulignant ainsi la devise napoléonienne « l’état devant l’église ».

La Flandre occidentale (West-Vlaanderen)

La Flandre occidentale (West-Vlaanderen)La Flandre occidentale est la région située à l’Ouest de la Belgique à la frontière avec les Pays-Bas et la France. Elle englobe Courtrai (Kortrijk), Furnes (Veurne), Knokke, Zeebruges (Zeebrugge), Blankenberg (Blankenberge), Wenduine, Le Coq (De Haan), Ostende (Oostende), Bredene, Nieuport (Nieuwpoort), La Panne (De Panne), Oostduinkerke, Ypres (Ieper), Dixmude (Diksmuide), Damme et autres villes dont Bruges (Brugge) est le chef lieu. La Flandre occidentale est surtout connue pour son littoral et ses belles plages :La mer pesante, ardente et libre,Qui tient la terre en équilibre ;La mer que domine la loi des multitudes,La mer où les courants tracent les certitudes ;La mer et ses vagues coalisées,Comme un désir multiple et fou,Qui renversent des rocs depuis mille ans deboutEt retombent et s’effacent, égalisées ;La mer dont chaque lame ébauche une tendresseOu voile une fureur ; la mer plane ou sauvage ;La mer qui inquiète et angoisse et oppresseDe l’ivresse de son image. La Panne (De Panne)La Panne n’est pas seulement une station balnéaire de renom, elle est aussi une aire écologique et naturelle avec les deux réserves du Westhoek et de Oosthoek. La première s’étend jusqu’à la frontière française avec ses 340 ha de dunes ; et la seconde est surtout faite de dunes, d’oyats et d’argousiers. De Panne est aussi une immense aire de récréation et de détente avec ses activités de plein air ainsi que ses courses de chars à voile. Sa plage est belle et grande, c’est un réel lieu de repos pour les adultes, et de jeux pour les enfants. Des cabines à roues et multicolores décorent et ponctuent le sable beige de la côte belge. Oostduinkerke, le cheval et la crevetteOostduinkerke est la plage des dunes et des pêcheurs de crevettes à chevaux. On contemple là à un beau paysage presque onirique lorsque les pêcheurs draguent la crevette de leurs filets. Les chevaux surfent, à marée basse, sur l’eau et les hommes en jaune (combinaisons en toile cirée des pêcheurs) sont les étoiles de la mer. On dit que cet endroit est unique au monde ; nous ne verrons dans aucune autre plage au monde, ou du moins d’Europe, ce genre de pêche. Les gourmands trouveront ces crevettes sur le marché ou dans leurs assiettes dans les échoppes ou restaurants de la ville.La ville abrite un Musée national de la Pêche qui retrace 1 200 ans d’histoire de cette activité. On y trouve des maquettes de bateaux, des outils de pêches et des photos illustrant la pêche ; surtout celle à la crevette. Oostduinkerke a aussi son « Cortège folklorique de la crevette » où des centaines de groupes, chars et pêcheurs de crevettes défilent dans la ville en l’honneur de « Mieke Garnaal ».Nieuport (Nieuwpoort), le port aux yachtsNieuport est située à l’embouchure de l’Yser, et a été construite par Philippe d’Alsace qui voulut un nouveau port. De nos jours, cette petite station balnéaire est devenue un joyau du littoral ; ce dernier, pourtant ne s’étend que sur 70 km. Ici aussi l’on fait du char à voile ; en outre, le port de plaisance offre une capacité de plus de 2 000 voiliers dont de très beaux yachts. Nieuport a beaucoup souffert de la seconde guerre mondiale puisque pratiquement toute la ville avec ses infrastructures ont été rasées. L’ancien hôtel de ville, qui est à présent le siège de la Police, a été bombardé à maintes reprises. L’actuel hôtel de ville construit en 1922, de style flamand néo-Renaissance abrite l’Office du Tourisme.La gastronomie à Nieuport offre de succulents mets à base de poissons tels le « waterzoi de Nieuport », « Jeanne Panne » et la « Raie enivrée ».Ostende (Oostende), le coup de foudre du littoralJe t’ai chuchoté :Ce lieu m’enchante et me fait pleurer.Tu m’as regardé en écrasant une larmeSur les brise-lames des cœurs écumant de joie. (F.B., Mai, Inédit)Ostende (Oost, en néerlandais, signifie « est », et ende « extrémité ») est la ville cosmopolite et balnéaire par excellence avec ses interminables plages de sable fin. Elle compte 68 739 habitants (2005) ; elle est par excellence la ville du bon vivre et du bien être. Il suffit de se promener sur la digue Albert Ier pour s’en rendre compte. La mer s’offre à nous, ainsi que les restos, les cafés, l’allée des colonnes avec les Galeries Royales couvertes sur près de 400 m, et les anciennes maisons. Les Galeries Royales ont été construites en 1905 sur ordre du roi Leopold II. De nos jours, elles abritent des expositions. Il faut mentionner la mode des cabines de bain introduite en 1783 par un immigré Anglais, William Herketh. Peu à peu cette mode se développe. Un siècle plus tard, Ostende organise le deuxième congrès international de Thalassothérapie. Ici, les brise-lames ponctuent la mer. En effet, la côte flamande compte quelque 200 brise-lames et la moitié de petits qu’on appelle les « épis ». Ce sont des pains de basalte qui empêchent l’eau de grignoter le sable des 70 km de littoral.Dans le marché aux poissons, visserskaai, on peut soit acheter, soit déguster des poissons à toutes les sauces, de toutes les formes. Non loin de là, tout au long du Visserkaai Oostende, l’Amandine nous attend pour une visite. Ce bateau est en cale sèche après avoir servi pendant des années en direction de l’Islande. Un autre musée vivant, sur la Vindictivelaan, nous attend avec ses trois mâts ; il s’agit du Mercator qui a servi pendant 30 ans comme navire d’écolage pour les officiers de la marine. Transformé en musée en 1961, on y apprend la vie des marins et les techniques de navigation dans la salle des opérations. A ne pas oublier le reportage photographique du rapatriement de la dépouille du plus célèbre des Belges, le Père Damien ; ainsi que l’expédition scientifique à l’Île de Pâques en 1934.La Cathédrale néo-gothique des Saints Pierre et Paul construite en 1905 est dotée de beaux vitraux et contient deux flèches de 70 m ainsi que la sépulture de la première reine des Belges, Louise-Marie.Quant au Casino-Kursaal, il est l’œuvre de l’architecte Léon Stijnen (1875). Rasé lors de la seconde guerre mondiale, reconstruit en 1953, puis rénové en 2004, le casino contient quatre restaurants, trois bars, une féerique terrasse avec vue imprenable sur la mer, une boîte de nuit, une salle de jeu et une grande salle de concerts et de congrès de Belgique (1 700 places).De son côté, le Musée Provincial d’Art Moderne (PMMK) est l’un des principaux musées de Belgique. Des expositions temporaires y sont organisées régulièrement, et on peut voir un éventail des mouvements artistiques contemporains de Belgique et d’autres pays (Ensor, le mouvement Dada, les Fauves, les Surréalistes…).La Maison de James Ensor est à proprement dire la maison familiale où il travailla de 1937 jusqu’à sa mort. Elle est restée telle qu’elle fut 150 ans auparavant : son atelier et ses compositions géantes, son mobilier et ses objets familiers...On pourra admirer l’horloge florale du Leopoldpark ainsi que son kiosque du XIXe siècle. Dans le parc, l’herbe régulière et les fleurs nous invitent à une petite détente après une longue promenade.Bredene, entre mer et dunesEntre Ostende et Le Coq, se trouve une plage presque perdue si elle n’était pas envahie par beau temps (surtout en été) par les campeurs et les nudistes. La plage nudiste est délimitée et surveillée par une police discrète. Bredene offre l’un des plus beaux cordons de dunes du littoral belge (350 m) et possède de nombreuses infrastructures pour la pratique de nombreux sports tels le mini-golf et l’équitation.Le Coq (De Haan)Le Coq mérite tous les éloges : ville propre et belle. Dès l’arrivée à la station du tramway (1900), qui est d’ailleurs classée, on est saisi par sa beauté qui nous traîne jusqu’au bord de l’eau. Ces maisons préservées du massacre architectural constaté par exemple à Bruxelles et dans d’autres villes flamandes, sont du style Belle Epoque avec leurs briques, les colombages et les tuiles rouges. Le quartier dit La Concession, est aussi de style Belle Epoque avec ses belles villas anglo-normandes.Le Coq ce sont des kilomètres de plages, et à travers 157 ha de dunes boisées, on peut rejoindre Wenduine à pied ou à cheval. On peut aussi prendre le tram du littoral à partir de la belle et féerique gare.WenduineWenduine est une plage familiale de 4 km de long où les enfants comme les adultes passent d’agréables vacances. Le Spioenkop est un pavillon blanc surmonté d’un belvédère de couleur rouge. Il est situé sur la plus haute dune de Wenduine (31 m). De là-haut, on a une vue imprenable sur les polders, les dunes, la plage… Et avec un peu de patience, on assistera à un très beau et romantique coucher du soleil.Blankenberg (Blankenberge), l’accueillanteC’était un village de pêcheurs qui devint vers 1950 la première station balnéaire à succès avec ses cabines de bain et les petits commerces qui longent la digue et ses immenses buildings modernes à l’architecture parfois navrante. Entre la lignée de buildings et la plage, on trouve, chaque été, l’une des plus curieuses et certainement unique attraction au monde : le « Vélodrome joyeux ». Il s’agit d’un circuit pour des vélos fous avec des roues bizarres et des guidons amusants, lorsqu’ils existent.Le casino est de style postmoderne néo-cubiste et vient d’être rénové. Quant au Pier (la jetée) d’environ 350 m, il a été achevé en 1894 et reconstruit en 1933. Il mène jusqu’à la rotonde où on peut déguster une boisson fraîche ou manger un morceau. Dans le port de plaisance, on trouve différents et beaux yachts ; et le Paravang (paravent) de style Belle Epoque, classé monument historique, se dresse fièrement à côté du port et du parc Leopold où adultes et enfants jouent au tennis, au mini-golf ou autres jeux.La salle des expositions de style Renaissance flamande était le siège de l’ancien hôtel de ville construit en 1680.Zeebruges (Zeebrugge)Ville-port industrielle bâtie en 1907, Zeebruges dépend entièrement de la mer et est reliée à Bruges par un canal de 12 km. Le musée Seafront de Zeebruges est un parc maritime de 20 000 m2 situé sur le site de l’ancienne minque ou Criée aux poissons. Une exposition interactive nous apprend les secrets de la mer grâce au bateau Westhinder, et dans le sous-marin russe Foxtrot, on simule une attaque.L’art est aussi au rendez-vous ici ; en effet comme à Blankenberge, chaque été de géantes sculptures de sables (à thèmes) sont réalisées.Knokke, la dikkenekKnokke est à la Belgique ce que Saint-Tropez est à la France : la ville du snobisme ; ce qui gâche un peu malheureusement l’ambiance et le charme de cette ville du littoral. C’est aussi une station balnéaire et un centre d’art et de culture. Le casino de Knokke-Heist renferme la célèbre statue Eva de Dodeigne, ainsi que le plus grand lustre du monde avec ses 7 tonnes de cristal vénitien et ses 2 000 ampoules. Knokke est aussi le creuset du Dessin Humoristique puisque de la mi-juin à la fin juillet un festival international, rassemblant 60 nationalités, y est organisé.C’est tout près d’ici qu’on peut visiter le Zwin et le Jardin des Papillons.Le ZWIN, la première réserve naturelle de BelgiqueC’est à partir de 1952 que le comte Léon Lippens a eu l’idée de transformer le Zwin en une réserve naturelle. Son but était de préserver ce biotope unique qui abritait plusieurs dizaines d’oiseaux rares et d’en faire un lieu de tourisme de qualité.Le Zwin s’étend sur une bande côtière d’environ 2,3 km à la frontière belgo-néerlandaise (la grande majorité de cette étendue, 2 km, se trouve en territoire belge) et 158 ha (dont 125 ha en Belgique). Lors des marées d’équinoxe, la zone est sous les eaux ; ce qui permet le foisonnement d’une végétation variée caractérisée surtout par sa salinité. Notons que la plante typique du Zwin est le statice, une Plombaginacée groupant environ 150 d’espèces halophytes (qui vivent dans un milieu riche en sels), distribuées dans le monde entier. Les statices sont des herbes à feuilles en rosette ou des arbrisseaux à feuilles alternes, aux petites fleurs sessiles en panicules (grappes) ou en épis. Nombre d'entre elles servent à la confection de bouquets séchés. Durant sa floraison (août et septembre), la réserve se pare de violet. En 1968, la Compagnie Le Zoute a autorisé la cueillette des fleurs pour la réguler, avant d’être définitivement interdite en 1986 à cause de la cueillette sauvage et la raréfaction de la fleur.En plus de la flore, une riche variété d’oiseaux est représentée au Zwin. Nous trouvons des échassiers, des cigognes, des rapaces (comme le faucon crécerelle, le hibou Grand-Duc d’Europe, l’autour des palombes, l’épervier d’Europe et la buse variable), des mouettes, des fous de Bassan, etc. Il s’agit bien là d’un lieu privilégié pour la nidification et l’escale des oiseaux migrateurs.Le Jardin des Papillons (De Vlindertuin)Non loin du Zwin se trouve le Jardin des Papillons qui renferme une importante collection de papillons et plantes exotiques venus des zones tropicales : Asie, Afrique, Amérique latine et centrale et Australie. Ces papillons et ces plantes ont besoin de températures élevées et d’une atmosphère humide ; et malgré la chaleur intense qui nous saisit à l’entrée du Jardin, l’endroit nous offre un beau moment de repos et de beauté. La visite commence avec « l’armoire à chrysalides », et avec un peu de chance, verra-t-on un joli papillon y sortir. L’effet de serre du jardin est tout de suite oublié en se promenant parmi les plantes venues d’ailleurs aux formes et couleurs variées, et les papillons d’une rare beauté tantôt viennent se (re)poser sur nos épaules, tantôt dans nos mains et même sur nos têtes.Dixmude (Diksmuide)Dixmude a connu la prospérité au Xe siècle lorsqu’elle fut le centre du commerce de la draperie et grâce aux privilèges octroyés par le comte de Flandre. Pendant la première guerre mondiale, la ville est complètement rasée de la carte. Dixmude fut entièrement reconstruite après la bataille de l’Yser (ce fleuve qui traverse la ville) en 1920 pour être à nouveau détruite par les mêmes Allemands en 1940.Actuellement, lorsqu’on se promène dans la ville, on a du mal à croire que Dixmude a été entièrement reconstruite après la guerre 1914-18. En suivant les rivets dorés (dont le symbole rappelle le décor oriental digne des mille et une nuits) de la promenade pédestre « Stadslink », le visiteur parcourra 2,5 km d’histoire et de détente.La Grand-Place est de style traditionnel flamand ; et le béguinage du XIIIe siècle est l’un des plus charmants de la Flandre. Quant à la Tour de l’Yser de 50 m de haut, elle est le symbole de la Paix retrouvée. Elle abrite un musée à 22 étages dans lesquels les horreurs de la première guerre mondiale sont contées. Quant au beffroi de l’hôtel de ville, il a été construit en 1923 et est un exemple typique de l’architecture flamande d’après la seconde guerre mondiale ; grâce à l’utilisation de la brique stylisée et combinée avec des apports régionaux comme le couronnement sous forme de lanterne cantonnée d’oiseaux dorés et coiffée d’une girouette décorative.Ypres (Ieper), le dernier posteYpres était, avec Bruges et Gand, une ville drapière de renom qui commerçait avec le monde entier. Comme la plupart des villes flamandes, Ypres sera détruite lors de la seconde guerre mondiale. La Porte de Menin est le témoin de cette sanglante période. Elle a été conçue sous forme d’arc de triomphe par Sir Reginald Blomfield en souvenir des 54 896 soldats de Grande-Bretagne et du Commonwealth tombés dans le Saillant d’Ypres entre 1914 et le 15 août 1917, et dont les corps non jamais été retrouvés. Son Last Post, sous la Porte de Menin, nous raconte l’horreur de la guerre. Chaque année, en juin, des centaines, si ce n’est des milliers d’Anglais, d’Américains, de Canadiens, d’Allemands, d’Africains du Nord, et autres nationalités viennent commémorer les jours où leurs compatriotes sont tombés au champ d’honneur. Et chaque soir, à 20 heures, le Last Post est joué sous la Porte de Menin contre l’oubli. En 1985, le pape Jean-Paul II rend visite à Ypres et se recueille sous la Porte, lui donnant ainsi le cachet de lieu de paix.Signalons un drôle d’évènement culturel qui se déroule chaque trois ans et dont le nom est « le cortège des Chats » ; la ville s’habille alors de toutes les couleurs et de musique. Cette fête tient son nom du fait qu’à l’origine, à partir du XIIe siècle, on jetait des chats vivants du haut du beffroi ; puis on les brûlait dans le feu de joie de la Saint-Jean dans le but d’éloigner les mauvais esprits de la ville.Le petit hôtel de ville a été construit en 1309 et 1312. Le premier étage servait de marché couvert aux poissons et le deuxième, de chambres aux carillonneurs, et ce dès 1360. Puis entre les XVIe et XVIIIe siècles, la bâtisse est devenue la demeure du concierge de l’hôtel de ville. Quant au Nieuwerck, il était une construction en bois édifiée en 1360 et portait le nom de Gulden Halleke ou « la Petite Halle dorée ». Le bâtiment actuel a été réalisé entre 1622 et 1623 dans un mélange de styles gothique tardif, Renaissance et baroque. Il a été utilisé tour à tour comme chapelle et siège des échevins jusqu’en 1794.Quant aux Halles aux draps et au beffroi, ils sont construits entre 1250 et 1378. Les halles, les plus importantes du genre en Belgique, servaient d’entrepôt de laine et de drap et de point de vente, témoignant ainsi de l’importance d’Ypres et de l’industrie drapière au Moyen Age. Le beffroi surplombe les toitures de l’immense halle aux draps avec ses 132 m de long. Haut de 70 m, il possède un carillon de 36 cloches et abritait dans ces trois étages la trésorerie et la salle de réunions des échevins, la salle d’armes et la tour de guet. Partiellement détruits lors de la seconde guerre mondiale, les Halles aux draps et le beffroi ont été reconstruits. A rappeler que le beffroi d’Ypres a été inscrit, comme ses pairs flamands et wallons, au patrimoine mondial de l’Unesco, le 4 décembre 1999.La Kasselrijgebouw ou la Châtellenie est une maison de pierres qui date du Moyen Age ; elle est dite aussi « De Wulf ». Au XVIe siècle, elle était le siège de réunions des échevins ; puis au XIXe siècle, elle fut transformée en tribunal. Sept médaillons représentant les Sept Péchés capitaux décorent sa grande façade.Furnes (Veurne)Furnes était un centre drapier d’une importance considérable puisqu’elle avait presque le monopole du commerce avec l’Angleterre.La Grand-Place rayonne de charme et d’histoire. Elle a su garder, malgré les vicissitudes du temps et des hommes, son aspect premier. Quant à l’église Saint-Walburge qui date de 1230 à 1280, elle a été remaniée à plusieurs reprises. Le beffroi de Furnes, classé patrimoine mondial, date de 1628 et fait partie de la Châtellenie. Il symbolise l’union réalisée en 1586 entre la Ville et la Châtellenie du Métier de Furnes. Non loin de là, se trouve le Musée de la Boulangerie qui offre une visite dans le monde de ce métier.Bruges (Brugge), la perle flamandeLe nom de Bruges vient du scandinave ancien « Bryggja », signifiant « quai ». Bruges est la ville du poète flamand Guido Gezelle (1830-1899), de la dentelle, des cygnes, des ponts, des maisons à pignons… Elle a donné le nom de « Bourse » à partir de 1409 grâce à la famille van den Burse, propriétaire d’un bâtiment dans lequel se tenaient les premiers échanges financiers. En 2000, le centre historique de Bruges est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.Le Burg est le quartier où s’est développée toute la vie sociale, politique et religieuse de Bruges. Il héberge le plus ancien stadhuis (hôtel de ville) de Flandre, à la façade de grès de 1375 et de style gothique flamboyant. On peut y voir la belle et fameuse salle gothique achevée vers 1400 et qui contient des boiseries sculptées, des peintures, une cheminée en bois, marbre et albâtre. Près de l’hôtel de ville se trouve aussi la maison de Prévôt ou Proostdij, bâtie en 1662 de style baroque.Une vue imprenable attend le visiteur du haut des 366 marches et des 83 m de haut du beffroi. Incendié vers la fin du XIIIe siècle, il a été immédiatement reconstruit. Classé patrimoine mondial en 1999, il contient un carillon avec 47 cloches d’un poids total de 27 tonnes et un musée dédié à son histoire. Non loin de là, les Halles de Bruges sont édifiées à la même époque que le beffroi avec des rajouts datant des XIV et XVe siècles. La Chapelle du Saint Sang (Heiligbloed Basiliek, 1523) n’est devenue basilique qu’en 1923. Elle renferme une relique en argent qui abrite une fiole qui, elle-même contiendrait une goutte du sang du Christ ramené de Jérusalem par les Croisés. Une fois l’an (à l’Ascension), la fiole est portée lors d’une grande procession religieuse. En empruntant la Blinde Ezelstraat, la venelle de « l’âne aveugle », on débouche sur le vismarkt, le marché aux poissons avec ses élégantes colonnades du XVIIIe siècle. Les poissonniers proposent leurs marchandises marines et les échoppes d’à-côté offrent une variété d’en-cas à base de produits de la mer. A quelques pas de ce marché, le Rozenhoedkaai (quai du Rosaire) offre un tableau féerique, architectural, minéral et végétal. C’est sans doute l’endroit le plus photographié de Bruges.Le Groeningemuseum (1930) abrite plusieurs œuvres des Primitifs flamands : Hans Memling (triptyque Moreel, 1484), Van des Goes (Mort de la Vierge), Van Eyck (la Vierge du chanoine Van der Paële, 1436) et beaucoup d’autres peintures expressionnistes et surréalistes…Le Musée Gruuthuse, quant à lui, est un ancien palais à tourelles du XVe siècle avec 22 salles contenant une collection de mobiliers et décors d’origine. Par contre, l’ancien hôpital Saint Jean (Sint-Janshospital, XIIe siècle) abrite, de nos jours, le Musée Memling. Y sont exposés six chefs d’œuvre du peintre Hans Memling dont un diptyque peint en 1487 représentant, d’un côté la Vierge en manteau rouge offrant une pomme à l’enfant Jésus, et de l’autre le portrait du donateur Martin van Nieuwenhove. Quant aux infirmeries, elles présentent des objets rappelant l’histoire de l’hôpital ; et dans une salle adjacente, l’ancienne pharmacie (XVIIe siècle), contient une collection d’objets (meubles et ustensiles) d’époque.L’église Notre-Dame (Onze-Lieve-Vrouwekerk) de style gothique scaldien, n’est pas seulement connue pour les tombeaux de Marie de Bourgogne (femme de Maximilien d’Autriche) et de son père Charles le Téméraire ; mais aussi pour sa magnifique nef du XIIIe siècle et sa tour de 122 mètres de haut (1549).Le béguinage de la Vigne (Begijnhof), patrimoine mondial de l’Unesco, fondé en 1245 par la comtesse Jeanne de Constantinople, est aujourd’hui, habité par des bénédictines. Il est sans aucun doute le plus beau de l’ensemble des béguinages flamands. En empruntant le pont, d’où l’on a une magnifique vue sur ce havre de paix peuplé de cygnes et de végétation, on débouche sur le portail de 1776. Juste à côté de là, se trouve le Minnewater (Lac d’Amour), l’ancien petit port de commerce d’où l’on acheminait, entre autres, draps et dentelles.DammeDamme était l’avant-port de Bruges, à seulement 5 km au Nord-est ; mais à cause de l’ensablement du Zwin, le village perd de sa splendeur commerciale au profit d’Anvers. Son église baroque, Notre-Dame-de-l’Assomption, fondée entre le XIIIe et le XIVe siècle, a été édifiée pour vénérer une croix trouvée en mer par des pêcheurs. Le petit mais bel hôtel de ville, de style gothique tertiaire, a été construit de 1464 à 1468. Sur le petit mais joli pont de Damme, on peut observer des petits bateaux et le vieux moulin, Schelle Molen de 1867. Et si une faim nous prend, les restaurants de Damme, nous offrent un souvenir gustatif inoubliable.Lapscheure, sur la route de DammeFondé en l’an 945, le village de Lapscheure s’appelait Combescura. Ce nom désigne une grande grange. Lapscheure était sous l’autorité de l’église d’Oostkerke avant qu’il ne devienne une paroisse indépendante. En 1437, le village a été pillé par les habitants de Damme et de Sluis. Quarante ans plus tard, le 27 septembre 1477, le village sera inondé. Les déboires du village ne finiront pas puisque une autre inondation, celle-ci d’origine humaine, l’efface presque entièrement. En effet, en 1583, les habitants de Sluis ont réalisé des digues pour arrêter l’avancée des troupes du duc de Parme. Mais cela, au lieu de barrer la route à l’ennemi qui, rappelons-le, s’est quand même emparé du village de Sluis en 1587, a causé d’énormes dégâts puisque les digues avaient cédé. Cette nouvelle inondation avait tout détruit sur son passage, même l’église, qui a été construite au XIIIe siècle.L’effacement de Lapscheure de la carte a permis la formation d’une crique connue sous le nom de « Lapscheure Gat » (le trou de Lapscheure). Cette crique, visible de nos jours, forme toujours la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas. On y voit les fondations de la première église ainsi que des ossements déterrés lors des fouilles réalisées sur le site. Au XVIIe siècle, une nouvelle église a été construite à une centaine de mètres de là. On a utilisé les restes de l’église primitive, sauvés de l’oubli et de l’inondation.Pendant la guerre des 80 ans (1568-1648), Lapscheure s’est trouvé en première ligne par rapport à la Hollande. Raison pour laquelle plusieurs forteresses ont été construites tout autour du village, comme celle de Saint-Donaas et de Frederik.En 1704, Lapscheure tombe sous le joug de la Hollande et y est annexé en 1715. De nos jours, village paisible, les randonneurs et les cyclistes s’y plaisent beaucoup.

21.08.2006

La Flandre Orientale (Oost-Vlaanderen)

La Flandre-Orientale est la province du centre-ouest de la Belgique, en Région flamande, à la frontière avec les Pays-Bas. La province a pour chef-lieu Gand (Gent) et est divisée en six arrondissements : Alost (Aalst), Termonde (Dendermonde), Eeklo, Gand (Gent), Audenarde (Oudenaarde), Saint-Nicolas (Sint-Niklaas) ; elle englobe plusieurs communes dont Renaix (Ronse) et Grammont (Geraardsbergen), pour ne citer que celles-ci. La langue de la province est bien-sûr le flamand.


GAND

Gand est l’une des plus belles villes historiques d’Europe avec ce parallélisme de passé et de présent. Hugo écrivait : « C’est une belle ville que Gand. Gand est à Anvers ce que Caen est à Rouen : une chose belle à côté d'une chose admirable. J’ai cependant pris le temps de visiter Saint-Bavon et, bien entendu, je suis monté sur la tour. Pour moi il y a deux façons de voir une ville qui se complètent l’une par l'autre; en détail d’abord, rue à rue et maison à maison; en masse ensuite, du haut des clochers. De cette manière on a dans l’esprit la face et le profil de la ville. Vu du haut de Saint-Bavon, c’est-à-dire de deux cent soixante-douze pieds de haut, et il faut monter quatre cent cinquante marches pour arriver là, Gand a sa configuration gothique presque aussi bien conservée qu’Anvers. La tour du beffroi, surmontée d'un énorme griffon doré, a pour toit un fort amusant entassement de clochetons, de lucarnes et de girouettes. A côté il y a une vieille et noire église, Saint-Nicolas, dont la façade, presque romane, est admirable. C’est une grande ogive sévère, flanquée de deux tourelles crénelées du plus grand style. Un peu plus loin, c’est Saint-Michel qui, comme Saint-Nicolas, se présente par l’abside. Deux ou trois autres églises pyramident plus loin encore au milieu des toits taillés en escaliers. En se retournant, c’est Saint-Jacques qui a trois aiguilles dont une en pierre et deux en ardoise. A côté, une belle place à hauts pignons coupés de deux vieux logis de pierre du quatorzième siècle, avec tourelles et grands toits. Celui qui est au milieu du petit côté de la place était la maison des comtes de Flandre. Cette place est le marché aux toiles ; et puis il y a une foule d’autres marchés pittoresques, des couvents, de petits carrefours tortus enclos de maisons crénelées qui ont toutes sortes d'attitudes et brisent leurs lignes les unes sur les autres d'une façon charmante et puis un toit immense qui couvre une grande nef austère du quatorzième siècle sans tour ni clocher, c’est l'église des Dominicains. En ce moment-là, plusieurs moines y entraient avec leur admirable costume, la robe blanche et le scapulaire noir. A mes pieds l’hôtel de ville avec ses deux façades, l’une du temps de Louis XIII, l’autre du temps de Charles VIII, l’une sévère, l’autre ravissante. Ajoute à cela hors de la ville un immense horizon de prairies et dans la ville une multitude de petits ponts et de cours d’eau où des maisons se baignent : et tu auras quelque idée de Gand à vol d’oiseau. » 1


Gand est le chef-lieu de la Flandre orientale ; elle compte plus de 231 000 habitants. Au XVIe siècle, Gand était tellement peuplée que Charles Quint disait « qu’il mettrait Paris dans son Gant ». Le nom Gand viendrait du gaulois Ganda, qui veut dire « confluent » puisque située au confluent des rivières la Lys et l’Escaut.


Le vieux béguinage Sainte Elisabeth regroupe des maisons du XVIIe siècle ; par contre le petit béguinage Notre-Dame Ter Hove comporte la maison de la Maîtresse, style Renaissance flamande. Les maisons en briques datent du XVIIIe siècle, et tout le béguinage est au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le cœur historique dit « la Cuve » offre de sensationnelles ballades. Le beffroi (1313-1323), patrimoine mondial aussi, est haut de 91 m domine la place Saint-Bavon. La Cathédrale Saint Bavon était consacrée d’abord à Saint Jean ; puis elle prit son nom actuel et recueillit le chapitre de Saint Bavon en 1540. La tour de 90 m a été commencée en 1462 et terminée en1538. On y trouve le polyptyque de Jan Van Eyck L’Adoration de l’Agneau mystique (1432).

Quant à l’hôtel de ville, il est constitué de deux édifices de styles différents, à droite, le style gothique, commencée en 1518 (la première maison des échevins de la Keure) ; et à gauche, de style renaissance, la maison de échevins construite de 1600 à 1622. Accoudée au beffroi, la Lakenhalle, la Halle aux Draps date de 1425, et abrite actuellement l’Office du Tourisme. D’autre part, la Vleeshuis, ou la Halle aux Viandes date du XVe siècle et comportait, à l’origine, 116 échoppes.

Le quai aux Herbes (Graslei) qui longe la Lys est bordé de vieilles et belles maisons : la maison gothique des Francs-Bateliers (1531), la maison des Mesureurs de Grains (1698), le Tonlieu, petite maison de Receveur de l'Etape (1682), la maison du blé, de style roman (1200) ; la maison gothique de l’Ange (XIVe siècle) ; la maison des Maçons (1600).


L’ancien quartier des artisans de cuir abrite le l’imposant Château des Comtes (Gravensteen). Il est le second château en pierre construit par les comtes de Flandre (1180). Il contient 24 tours en encorbellement, un donjon de 30 m de haut, une crypte à deux nefs où l’on trouve le musée de la Torture. Il fut tour à tour résidence des comtes, palais de justice et filature de coton, après de sérieuses restaurations pour le sauver de la ruine.

Le Patershol, quant à lui, il est un quartier préservé des dommages du temps et des fous bâtisseurs. Il se trouve à côté du Gravensteen, et ses rues pavées et ses boutiques et restaurants nous promènent dans une délicieuse ambiance. Dans la place du marché du Vendredi (Vrijdagmarkt) se trouvent des maisons de guildes assez jolies. Le palais de style Art nouveau était le siège des syndicats du textile.

Le Musée des Beaux-Arts (Museum voor Schoene Kunsten) est construit en 1904 par l’architecte Charles Van Rysselberghe, dédié à l’Art flamand en comparaison à l’Art européen d’une manière générale. On y trouve, bien-sûr, les Primitifs et l’Ecole de Gand : Portement de la Croix et La Tentation de saint Jérôme de Jérôme Bosch ; La Madone à l’œillet de Rogier Van der Weyden. Et d’autres merveilles de la peinture flamande.

Le SMAK, pour Stedelijk Museum voor Actuele Kunst (musée municipal d’Art actuel), se veut le représentant de l’art contemporain même si parfois des œuvres très contestables y sont exposées.

Comme ses sœurs flamandes, la ville de Gand a ses propres carnaval et fêtes. En plus des floralies qui se tiennent chaque année où des milliers d’azalées sont exposées (d’ailleurs la ville se bat pour que cette fête soit reconnue produit européen, donc inimitable), une fête géante est organisée pendant 10 jours : on y donne des concerts, des spectacles, des expositions, etc.



Termonde (Dendermonde), le cheval Bayard


 

Termonde est située au confluent de la Dendre et de l’Escaut. Dès l’entrée de la ville, en longeant la Dendre, on est saisi par l’imposant Palais de justice des années vingt, en cours de restauration (2006). C’est l’architecte Vaerwijck qui le dessina ; il mélangea plusieurs styles : Moyen Âge, Renaissance et Classicisme.

Chef-lieu d’arrondissement, la ville historique est liée à la fameuse fête du Cheval Bayard et des quatre frères Aymon. La légende raconte que quatre frères : Alard, Guichard, Renaud et Richard, de la famille Aymon, avaient combattu Charlemagne sur leur cheval Roes Baiard. Une version dit que Charlemagne était jaloux du puissant cheval des châtelains. Il aurait exigé qu’on lui donnât le cheval contre leur liberté. A la réception du cheval, Charlemagne l’aurait précipité dans la Dendre. Depuis ce moment, les habitants de la ville commémorent cette noyade en promenant chaque dix ans un géant équestre de 5,80 m dont la tête remonterait au XVIIe siècle.


La Halle aux draps, à présent siège de l’administration communale, est bâtie entre 1336 et 1350. Quant au beffroi, il a été réalisé en 1377 et s’ajoute aux 29 autres (dont 6 beffrois de Wallonie). A l’origine ce beffroi de 40 m, était la tour d’angle de la halle aux draps qui, une fois agrandie, est devenu le Stadhuis (hôtel de ville) à partir du XVe siècle. Le beffroi de Dendermonde est inscrit au patrimoine mondial de la Convention de l’Unesco le 4 décembre 1999. Ainsi, il allait connaître une nouvelle vie car, en effet, l’ensemble du bâtiment a connu des dégâts énormes surtout lors de la première guerre mondiale qui, dit-on, avait rasé toute la ville.

A l’intérieur de l’administration communale, on peut admirer une toile de Verhas sur la chute des français en 1667, et toute une série de tableaux de l’école de Dendermonde.

De Vleehuis ou la Halle des Bouchers fut construite en 1460 pour, comme son nom l’indique, la boucherie, et ce, jusqu’en 1862 où elle devint le marché aux légumes. La restauration du bâtiment en 1898-99 détruisit plusieurs décorations de l’époque. De nos jours, il est devenu le musée d’Archéologie et d’Histoire où sont représentés de multiples aspects de Dendermonde et de sa région depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Quant à l’église Notre-Dame, elle nécessita trois siècles de construction est de style gothique du Pays de l’Escaut avec quelques rajouts brabançons pour ce qui est des chapelles. On peut voir les peintures de Teniers, Van Dijck et De Craeyer, ainsi que les fonts baptismaux en calcaire de Tournai (art roman du XIIe siècle).

D’autre part, le béguinage Sint-Alexius contient 61 maisonnettes des XVIIe et XVIIIe siècles, groupées autour d’une vaste place et habitées actuellement par des particuliers. On ne retrouvera pas le charme des autres béguinages flamands car, ici, on a l’impression que les choses ont vraiment été abandonnées.

A côté du béguinage, sur le trottoir d’en-face, se trouve l’église Saint-Gilles dont la tour est de style gothique, et qui contient un important mobilier du XVIIIe siècle.


Alost (Aalst)

Le nom d’Alost est mentionné pour la première fois en 866. Renommée depuis le Moyen Age pour le négoce, la ville devient, très vite, la capitale de la Flandre impériale. En 1174, la signature d’une charte lui garantissait toutes les libertés communales.

Avec la belle architecture de sa Grand-Place, témoignage de la richesse passée des grandes cités flamandes, nous avons là une belle leçon d’architecture. La construction de l’ancien hôtel de ville (Schepenhuis ou la Maison des Echevins), de style tournaisien (gothique scaldien), remonte au XIIIe siècle et est la plus vieille maison communale des Pays-Bas. L’édifice a été victime d’un incendie en 1360. La façade et le beffroi sont du XVe siècle. Ce dernier abrite le plus ancien des carillons mécaniques (52 cloches) de Belgique. Juste à côté, à gauche, se trouvent les anciennes halles, de style renaissance, avec des pignons baroques ; et à droite, le nouvel hôtel de ville néo-classique, semble être ignoré.

L’imposant Oud-Schepenhuis ou l’ancienne Maison des Echevins, est la plus ancienne de Belgique, voire de tous les Pays-Bas. L’église gothique Saint-Martin renferme des trésors artistiques de Rubens et d’autres peintres.

Alost aussi a son carnaval. Chaque année, trois jours avant le carême, les gens célèbrent avec frénésie ces moments de joie, de jeu et de partage. En effet, les festivités commencent le dimanche avec la procession des géants et des chars ; puis le lundi, on assiste à un lancer d’oignons du haut du beffroi à l’occasion de la « Danse des Balais ». Le mardi gras, les Vuile Jeannettes (les sales jeannettes, des hommes travestis) clôturent le carnaval en défilant jusqu’à la tombée de la nuit.




Audenarde (Oudenaarde)

« Audenarde, écrit Hugo, où je t’écris, et qui n’est qu’une petite ville, je vois de ma fenêtre de l’hôtel du Lion d’or le profil d’une ravissante maison de ville du gothique le plus fleuri, couronnée d’une vraie couronne de pierre que surmonte un géant armé et doré portant le blason de la ville. Toute la place que j’ai sous les yeux est charmante, quoiqu’elle ait conservé trop peu de ses vieux pignons. Au milieu de la façade de l’hôtel de ville il y a une fort jolie fontaine de 1676. Le duc de Saint-Simon n’avait qu’un an lorsqu’on l’a construite. »2


Audenarde de Victor Hugo a su garder son charme ; elle est, de nos jours, le chef-lieu d’arrondissement sur les rives de l’Escau. Au XIe siècle, on y construit une forteresse ceinte de remparts. Audenarde donnera à la Belgique la princesse Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles-Quint qui, en 1521, assiège Tournai et fait escale à Audenarde. Il tombe amoureux d’une servante qui lui donne la future princesse.

Le remarquable Stadhuis, de style gothique brabançon (1525-1537) est comparable à ceux de Bruxelles et Louvain. Il a une galerie à arcades richement décorées, et est situé sur la Grand-Place. Cette dernière est petite mais belle, et est entourée de maisons Renaissance. Le beffroi est coiffé d’un dôme sur lequel se dresse la statue du protecteur de la ville. Au milieu de la place se trouve la Fontaine des Dauphins, offerte par Louis XIV.

La Halle aux Draps date du XIIIe siècle et est accolée à l’hôtel de ville. Par le passé, on y vendait les draps confectionnés ici. A présent, une salle expose des tapisseries locales dont les « Verdures d’Audenarde sur haute lisse », appelées ainsi car Audenarde abondait de végétaux aux tons verts-bleus. De l’autre côté de la rue, en face de la grande église, se trouve le Musée du Tour des Flandres où les étapes du Tour et son histoire sont exposées et expliquées.

Le béguinage, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, contient des maisonnettes du XVIIe siècle.


Grammont (Geraardsbergen)

La ville de Grammont fut fondée en 1068, et elle est la terre du premier Manneken Pis et de la fameuse mattentaart, la tarte au maton. En effet, les habitants de Grammont sont fiers de leur manneken puisqu’il est selon eux l’habitant le plus connu de la ville et est plus ancien (1459) que son petit frère bruxellois qui lui vole la vedette. Cependant, le Manneken Pis dans la fontaine devant le Stadhuis de Grammont a ses fidèles et ses visiteurs, et le musée communal contient des dizaines de copies et plus de 600 costumes pour habiller le petit bonhomme.

D’autre part, la Mattentaart vient d’être protégée par une loi. En effet, une procédure introduite en 2002 pour la reconnaissance officielle et la protection de l’appellation « mattentaart » vient d’être agréée, après trois ans de pourparlers ; et le petit gâteau rond à la pâte feuilletée, au lait caillé, œufs, amandes et sucre, est enfin reconnu « produit européen du terroir ». Ainsi, l’appellation « mattentaart » sera dorénavant réservée uniquement aux tartes fabriquées à Grammont et ses environs directs, et ce d’après non seulement l’unique et seule recette traditionnelle, mais aussi que les pâtissiers et les fermes qui fournissent les matières premières figurent sur la liste de la « Confrérie de la Mattentaart de Geraarsbergen » créée en 1979.

La Vieille Montagne (Oudenberg) et sa chapelle offrent un magnifique panorama sur la Dendre et ses environs ; par contre le « Mur » de Grammont est l’étape la plus difficile du Tour des Flandres (Ronde van Vlaanderen).

Grammont a aussi sa fête qui a lieu le dernier dimanche de février, il s’agit du Krakelingenworp ou le « Lancer de craquelins ». En effet, environ un millier de personnes escaladent les 110 m de l’Oudenberg, et une fois au sommet ils lancent sur la foule des milliers de craquelins. Et à la nuit tombée, un tonneau de poix est brûlé ; il s’agit du final de la fête et s’appelle la Tonnekensbrand.

 

 

1 Victor HUGO, Œuvres Complètes, Voyages, « France et Belgique », Robert Laffont, Paris, 1987, p.616.

2 Victor HUGO, Œuvres Complètes, Voyages, « France et Belgique », Robert Laffont, Paris, 1987, p. 616.

Le Brabant flamand (Vlaams-Brabant)

Le Brabant flamand (2 106 km2 pour 1 027 839 habitants (2003)) est la province du centre de la Belgique qui a pour chef-lieu Louvain (Leuven). Cette province englobe plusieurs villes dont Bruxelles-Capital, Hoegaarden, Zoutleeuw et Diest.

 

Louvain (Leuven), entre passé et présent
Chef-lieu de la province du Brabant flamand, Louvain est situé sur la Dyle (Dijle), à quelques kilomètres à l’est de Bruxelles. Au XIe siècle, la ville devient un centre commercial florissant, et c’est justement à cette période que Louvain connut l’apogée avec la fameuse industrie drapière. La ville connut un nouvel essor au XVe siècle quand l’université catholique fut fondée, en 1425.
Louvain était la capitale du Duché de Brabant bien avant Bruxelles. C’est là que le 24 janvier 1514, Charles-Quint, âgé alors de 15 ans, prêta sermon pour la Joyeuse Entrée, déclarant ainsi les fondements de la constitution de la communauté. Et depuis le janvier 1995, Louvain est devenue la capitale du Brabant flamand.

 

Quand on parle de Louvain, on pense à deux choses principales : son hôtel de ville et son Université. L’hôtel de ville primitif se trouvait au Oude Markt, l’ancien marché. Par contre sur la Grand-Place, en face de l’église Saint-Pierre, se trouve l’actuel hôtel de ville ; il est l’un des plus beaux édifices communaux de Belgique, si ce n’est le plus beau. Victor Hugo avait écrit : « Je suis amplement dédommagé de toutes les sottes villes de la Flandre française. Louvain, qui est comme situé au fond d’une cuvette, est une charmante cité très complète. L’hôtel de ville, qui est admirable, a la forme d’une châsse gigantesque. C’est un colossal bijou du quinzième siècle.On le peint en jaune gris. »
Construit de construit entre 1448 à 1463 en style gothique flamboyant, l’hôtel de ville est l’œuvre de Mathieu de Layens. Il a trois étages sertis d’innombrables statues et des niches. Ces dernières sont au nombre de 236 et se trouvent, chaque fois, entre les fenêtres. Des sculptures représentant des thèmes bibliques servent de socles et montrent des personnages vêtus de costumes bourguignons ; tandis que ceux des niches sont vêtus de costumes de l’époque où ils vivaient.
Ce bel et prestigieux hôtel de ville possède des tourelles octogonales montées en flèches pyramidales, elles aussi, d’une rare beauté et architecture.

L’église Saint-Pierre (Sint-Pieterskerk) est bâtie sur les fondations de la plus ancienne paroisse de Louvain puisque celle-ci date du Xe siècle. Elle fut incendiée en 1176 ; c’est alors que, plus tard, une église romane a été construite. Mais l’actuelle église a été construite à partir de 1425. Trois tours ont été prévues, dont l’une devait atteindre 170 m. Malheureusement les fondations étaient instables ; c’est pourquoi l’érection de la tour fut suspendue lorsqu’elle atteignit 50 m.
Tout près de l’hôtel de ville, se trouvent les Halles construites au XIIIe siècle par les drapiers. Quant à l’université catholique et bilingue de Louvain, elle a été créée en 1425 par le duc Jean IV de Brabant et a connu de prestigieuses personnalités comme Erasme et Mercator. En 1968, les autorités flamandes ont décidé de se « débarrasser » de la section francophone qui se retrouve, désormais, à Louvain-la-Neuve (Ottignies).

 

Comme ses pairs flamands, le béguinage de Louvain fut édifié au XIIIe siècle ; il compte 72 maisons, pour la plupart construites au XVIe siècle. On estime à 300 béguines qui vivaient dans le béguinage, ce qui fait qu’il est l’un des plus importants béguinages et des plus actifs puisque les béguines s’adonnaient à la confection des dentelles, au soin des malades et à l’enseignement.
En 1962, la ville vend le béguinage à l’Université Catholique (Katholiek Universiteit Leuven) pour héberger ses étudiants et son personnel. La K.U.L entreprend une véritable restauration de tout le béguinage de 1962 à 1972. En 2000, cet immense et féerique béguinage est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Entre passé et présent, Louvain offre des opportunités de sérénité et d’esthétique, de récréation et de vie.

 

Zoutleeuw, l’écrin d’art du Brabant
Zoutleeuw est un village qui a échappé à la révolte iconoclaste et a pu conserver des trésors inestimables tels le superbe hôtel de ville et la halle aux draps. En 1106, le village accède au statut de ville, et en 1307, soit deux siècles plus tard, elle obtient le privilège d’être parmi les sept villes franches du Brabant. Zoutleeuw connaîtra des moments florissants grâce à l’industrie drapière, et ce jusqu’au début du XVe siècle, puisque, malheureusement (dira-t-on !) en 1525, la Grande Gette devînt navigable, et ainsi tout passa à Tirlemont, laissant à Zoutleeuw un semblant de commerce.
L’hôtel de ville, de style Renaissance et gothique, fut construit en huit ans, entre 1530 et 1538.
Mais le principal chef-d’œuvre de Zoutleeuw est sans conteste l’église Saint-Léonard, édifiée entre le XIIIe et le XVe siècle. Elle est un amalgame de styles roman et gothique, et abrite un somptueux chandelier pascal en cuivre doré signé Renier van Thienen. Haut de 6m, il contient six branches et date de 1483. Nous trouverons aussi une tourelle des sacrements de 1552, et le fameux tabernacle de Corneille de Vriendt dit Floris (XVIIIe siècle) de 18 mètres de haut richement décoré.
Tout près de l’hôtel de ville et de la halle, on pourra admirer la plus ancienne maison de la ville ; il s’agit de la Huis De Spiegel.
A ne pas négliger la richesse environnementale de Zoutleeuw comme le domaine provincial Het Vinne avec ces 110 ha, conçu pour les promeneurs et les cyclistes, ainsi que la Route des deux Gettes. Ces deux chemins mènent à d’autres petits villages avoisinants de Zoutleeuw, et ce dans une ambiance purement bucolique.

 

Diest, la ville Orange
Diest est située au Nord-est du Brabant flamand, sur la rive du Demer, entre les collines du Hageland et les terres sablonneuses de la Campine (Kempen).
Diest était sous l’occupation espagnole puis, au XVIe siècle, sous l’autorité de Philippe-Guillaume d’Orange, le fils aîné de Guillaume le Taciturne. Il y sera enterré en 1618. Ici, beaucoup de monuments rappellent ce riche passé et ce lien avec la famille d’Orange-Nassau, comme par exemple l’ancienne Cour de Nassau dans le Grotemarkt (Grand-Place) dont malheureusement ne subsiste que le pignon gauche. Rappelons que la reine des Pays-Bas porte toujours le titre de « Vrouwe van Diest ».
Au XIXe siècle, la ville de Diest érigea un rempart de défense militaire dont il ne reste qu’un pan que l’on nomme la « lunette ».
Le beau béguinage construit en 1253 a été restauré à maintes reprises. On pénètre dans l’enceinte du béguinage par le grand porche baroque. A l’intérieur, on voit une église, une cour centrale, l’ancienne infirmerie, transformée en centre culturel, et un chapelet de maisons de béguines. L’Unesco a inscrit ce béguinage ainsi que 12 autres flamands sur la liste du patrimoine universel, en 1998.

Le vieux et beau Moulin à eau Ezeldijk servait à moudre les grains et les écorces. Le bâtiment a été restauré en 1981 et est désormais utilisé comme taverne et salle de fête et de réunion.
Une fois dans les environs de Diest, une visite de l’abbaye d’Averbode s’impose.
Diest s’enorgueillit de deux spécialités sucrées, Scherpenheuvel : les noppen (biscuits ronds en pain d’épice) et les pepernoten (nonnettes).

L’église Saint-Sulpice a été construite en grès, en style gothique entre le XIVe et le XVIe. Quant à l’ancienne halle aux draps, elle date de 1346. L’hôtel de ville, du XVIIIe siècle, a été édifié sur les fondations des maisons datant du moyen âge.
Diest a servi de refuge aux abbayes d’Averbode (xve siècle) et de Tongerlo (xvie siècle).